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Mercredi 21 Décembre 2005 à 00:00

Google paie cher pour prendre 5% d'AOL, mais dame le pion à Microsoft

Le renforcement de l'alliance AOL-Google dans l'internet constitue un revers pour Microsoft qui se voit de plus en plus menacé dans les activités de recherches en ligne.

Selon Jordan Rohan, analyste de RBC Capital Markets, cet accord a un impact psychologique sur les investisseurs. "Microsoft apparaît aujourd'hui légèrement plus petit dans le rétroviseur de Google qu'il ne l'était hier", estime-t-il. Google a donc une fois encore damé le pion à Microsoft en prenant 5% du capital d'AOL (moyennant 1 milliard de dollars), et en renforçant un partenariat ciblé particulièrement sur le partage de la technologie de recherche en ligne, primordiale pour attirer des recettes publicitaires. L'accord officialisé mardi après la clôture de la Bourse faisait déjà l'objet de fuites depuis plusieurs jours. La réaction de Wall Street était mesurée mercredi, les actions de Microsoft, Google et Time Warner, maison mère d'AOL, s'affichant toutes en légère baisse vers 17H25 GMT.

"On ne sait pas vraiment si la fréquentation des sites d'AOL aurait pu faire gagner (beaucoup d'annonceurs à Microsoft), mais il est assez facile de conclure que l'absence de ce trafic supplémentaire contraint Microsoft à rester un acteur secondaire dans la recherche" sur l'internet, ajoute Jordan Rohan. "Je pensais que Microsoft aurait payé n'importe quoi pour obtenir ça. AOL était tout simplement le meilleur moyen de gagner des parts de marché" dans la recherche en ligne, déclare de son côté David Yoffie, un professeur d'économie de Harvard cité par le New York Times. Alors que la recherche en ligne est la raison d'être de Google et que Yahoo! est devenu un puissant numéro deux via deux grosses acquisitions --celles d'Inktomi et d'Overture Services en 2003--, Microsoft a pris du retard avec sa technologie maison.

Le moteur MSN Search, qui lie comme ses concurrents la publicité aux recherches, n'est vraiment opérationnel que depuis un an. Pour Joe Wilcox, du cabinet d'études Jupiter Research, le partenariat avec AOL était typiquement ce dont Microsoft avait besoin car "la majeure partie de la réussite du groupe a été assurée par des partenariats commerciaux plus que par du développement de technologies". Dans la téléphonie sur internet, là où Google a développé son propre service (Google Talk), Microsoft s'est lancé en rachetant cet été la firme Teleo, qui lui permettra d'ajouter la voix à sa messagerie MSN Messenger. En 2005 le numéro un mondial des logiciels a aussi racheté Groove Networks, vecteur essentiel de son offensive dans les services proposés via le web.

Selon plusieurs analystes, Google a voulu profiter avec AOL d'une nouvelle opportunité de fragiliser Microsoft dans la recherche en ligne. C'était sa motivation principale, justifiant qu'il se montre "relativement généreux dans ses contributions", offrant par exemple de promouvoir AOL sur les sites du réseau Google, souligne Safa Rashtchy, de la banque Piper Jaffray. Mais Google a payé un prix élevé car le partenariat dans les contenus vidéo est positif pour lui. "Actuellement la recherche de vidéos via AOL compte parmi les services leaders dans ce domaine parce qu'elle ouvre l'accès à des contenus de qualité de Time Warner", poursuit M. Rashtchy. Le manque de synergies entre l'internet --en l'occurrence AOL développé d'abord comme un portail payant-- et les autres divisions de Time Warner (CNN, HBO, les studios Warner Bros) a été très souvent dénoncé par la communauté financière, qualifiant d'échec la méga-fusion de 2001.

Pour le PDG de Time Warner Richard Parsons, visé actuellement par une fronde d'actionnaires, l'alliance avec Google doit démontrer au contraire que ces synergies existent bel et bien et profitent aux internautes.
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