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Lundi 26 Décembre 2005 à 00:00

Galileo : un enjeu stratégique pour l'Europe

Le projet Galileo, dans lequel 3,8 milliards d'euros vont être investis d'ici 2010, représente un enjeu stratégique pour l'Europe qui espère ainsi s'affranchir de la mainmise actuelle des militaires américains sur la localisation et la navigation par satellite.

L'Agence spatiale européenne (Esa), qui copilote la phase de lancement du projet avec l'Union européenne, table sur un nombre d'utilisateurs de ce type de services dans le monde de 1,8 milliard en 2010 et de 3,6 milliards en 2020. A cette échéance, le marché mondial devrait représenter plus de 250 milliards d'euros. Les bénéfices attendus devraient au minimum être 4,6 fois supérieurs aux investissements consentis, ce qui fait de Galileo le projet d'infrastructures le plus rentable engagé par l'Europe, fait valoir l'Esa.
La navigation par satellite permet à un gestionnaire de connaître à tout moment la position d'un camion ou d'un train, à un navire de suivre son cap et à un automobiliste de trouver son chemin dans une ville inconnue. Mais elle rend aussi possible de retrouver un conteneur perdu, de repérer une voiture volée, d'évaluer le temps restant avant le passage d'un bus, de suivre les déplacements d'un délinquant porteur d'un bracelet électronique ou de secourir un randonneur perdu en montagne. La navigation par satellite a également de nombreuses applications dans les activités pour lesquelles est nécessaire une topographie extrêmement précise : l'exploration minière et pétrolière, l'installation d'oléoducs, l'électrification en zone rurale, le placement de tours de télécommunications, etc.

Toutes ces applications sont déjà offertes par le GPS américain. Mais les promoteurs de Galileo estiment que les besoins vont exploser, parce qu'il va falloir maximiser l'utilisation d'infrastructures (routes, voies ferrées, couloirs aériens, ports) souvent déjà congestionnées. La navigation par satellite est aussi vieille que la conquête spatiale. C'est en suivant le tout premier satellite artificiel, Spoutnik-1, lancé par les Soviétiques en 1957, que les Américains ont relevé que la fréquence de son "bip-bip" changeait sous l'effet Doppler (variation apparente de la fréquence d'une onde lorsque sa source est en mouvement par rapport à l'observateur).

Ils en ont vite déduit que, inversement, un navigateur pourrait trouver sa position en mesurant l'effet Doppler sur les ondes envoyées par un satellite émettant sur une fréquence fixe à partir d'une orbite connue avec précision. Les applications ont tout d'abord été strictement militaires : pour guider des missiles ou connaître le positionnement de troupes au sol. Mais les civils ont pu accéder, gratuitement, aux services GPS à partir de 1993. Par rapport au GPS, avec lequel il sera compatible, Galileo apportera une plus grande précision, inférieure au mètre. L'autre système existant, le russe Glonass, est actuellement pénalisé par un nombre insuffisant de satellites en orbite.

Tant le GPS que Glonass restent gérés par les militaires, ce qui ne permet pas de garantir la continuité du service en temps de crise. En outre, afin de mondialiser le projet et de réduire le coût pour le budget de l'Union européenne, la participation financière de pays tiers, souvent extérieurs au continent européen, est sollicitée. A ce jour, des accords ont ainsi été signés avec la Chine et Israël, des négociations poussées étant parallèlement menées avec l'Inde, le Maroc et l'Ukraine.

D'autres Etats (parmi lesquels le Brésil, la Corée du Sud, le Canada et l'Australie) ont aussi manifesté leur intérêt.
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