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Mercredi 11 Janvier 2006 à 00:00

Axel Springer subit un sérieux revers, la porte s'ouvre pour TF1

Le refus mardi de la Commission allemande de concentration des médias d'autoriser le mariage d'Axel Springer et du groupe de télévisions ProSiebenSat.1 porte un sérieux coup aux ambitions de l'éditeur de "Bild", et pourrait ouvrir une porte au français TF1 sur le marché allemand.

Le rachat de ProSiebenSat.1, qui opère cinq chaînes de télévision dont deux grand public, par le plus grand éditeur du pays, créerait "une influence d'opinion qui correspondrait à une part du marché télévisé national de 42%", a estimé la Commission sur la concentration des médias (KEK), chargée d'évaluer le pouvoir médiatique du nouvel ensemble. C'est trop à ses yeux. Elle a donc décidé de mettre un coup d'arrêt au projet. L'échec de la fusion remettrait en jeu l'avenir de ProSiebenSat.1, déjà objet de nombreuses convoitises il y a trois ans, quand s'était écroulé l'empire des médias de Leo Kirch. A l'époque, le milliardaire israélo-américain Haim Saban avait emporté la mise, et pris la majorité, avec un consortium d'investisseurs institutionnels.

Aujourd'hui il est vendeur, et ce pourrait être le perdant d'alors, le groupe TF1, qui pourrait revenir sur scène. Le groupe français n'a pas caché suivre "attentivement" le dossier. La presse allemande a également fait état d'un intérêt du groupe luxembourgeois SBS pour une des chaînes de ProSiebenSat.1. Du côté d'Axel Springer "nous prendrons cela sportivement et nous tenterons notre chance sur les marchés numériques ou à l'étranger", avait indiqué son patron Mathias Döpfner dès mardi matin, anticipant la décision.

Annoncé en août, le rachat par Axel Springer de toutes les parts de ProSiebenSat.1 pour quelque 4 milliards d'euros est soumis au feu vert de la KEK et de l'Office anticartel allemand. Celui-ci doit rendre son verdict avant le 20 janvier mais a lui aussi laissé peu d'espoir à Axel Springer. Le groupe de Berlin, qui outre "Bild" et "die Welt" publie des magazines comme Télé Magazine ou Men's Health, a offert de se dépouiller de plusieurs actifs, dont des stations de radio, une part dans une société d'imprimerie, un magazine de télévision.

Et sans cesse montré du doigt son gros concurrent Bertelsmann, actif à la fois dans l'édition (Gruner + Jahr, Random House), la télévision (RTL) et la musique (Sony-BMG). Mais la force de frappe combinée du quotidien Bild, avec ses 12 millions de lecteurs estimés par jour, et des chaînes Pro7 et Sat.1 (24% de part de marché combinée chez les 14-49 ans en 2005), est simplement trop forte pour les gardiens de la diversité d'opinion et de la concurrence. "Nous avions l'impression que même si nous proposions de vendre tout Axel Springer, ce serait tout de même refusé", commentait mardi matin M. Döpfner, amer.

Seule une décision à la majorité des trois-quarts des 16 autorités régionales de contrôle des médias peut encore renverser la décision de la KEK, dans un délai de quatre mois, et Axel Springer s'est empressé de signaler cette possibilité. D'ores et déjà des voix de sont élevées pour demander à ces autorités de rester fermes. "La KEK a rempli sa mission. Les autorités régionales sont maintenant priées de ne pas s'assoir sur (sa) décision", a commenté Jörg Tauss, député en charge des médias du groupe parlementaire social-démocrate.

En tout dernier recours, Axel Springer peut également s'adresser directement au ministère de l'Economie, et solliciter une autorisation spéciale. Le procédé avait permis à EON de racheter le numéro un allemand du gaz Ruhrgas il y a trois ans, mais rallongé la procédure de plusieurs mois. Et Haim Saban, qui s'intéresse d'abord au rendement de son investissement, n'attendra peut-être pas si longtemps.
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