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Samedi 8 Avril 2006 à 00:00

La bataille de la vidéo à la demande est lancée en Europe

La bataille de la vidéo à la demande (VOD) est lancée en Europe et les acteurs se bousculent pour participer à ce nouveau mode de consommation à la carte des programmes, selon une étude du cabinet français NPA Conseil.

L'étude, présentée mercredi au Centre national de la cinématographie (CNC), a été commandée par le CNC et par les organisations du cinéma et de l'audioviosuel: l'API, l'ARP, la CSPEF, la Procirep, la SACD, le SPI, l'UPF et l'USPA. Les enjeux économiques sont de taille car le développement de ces offres pourrait entraîner "des transformations majeures dans le mode d'accès aux programmes" et bouleverser l'économie du secteur. La VOD risque également d'avoir un impact sur le financement de la production cinématographique et audiovisuelle, souligne l'étude.

NPA Conseil passe en revue l'état du marché de la VOD dans dix pays européens : Allemagne, Autriche, Espagne, Finlande, France, Hongrie, Italie, Pologne, Portugal, Royaume-Uni. Au sein de cette liste, seule la Hongrie n'a pas encore de service commercial de VOD en exploitation. En quatre ans, de 2002 à 2005, le nombre de fournisseurs de VOD a pratiquement été multiplié par dix. En France, plus de 700 films étaient disponibles au début de l'année en cumulant les différents catalogues, là où un vidéo-club traditionnel propose quelque 400 références. Les programmes enfants et la musique sont parmi les contenus les plus consommés en VOD, souligne l'étude.

Outre les acteurs traditionnels (chaînes TV, bouquets satellite, câblo-opérateurs), la VOD attire de nouveaux entrants: opérateurs télécoms, industriels de l'électronique grand public ou de l'informatique, spécialistes de la location vidéo, des moteurs de recherche et des portails internet ainsi que des distributeurs de biens culturels. L'étude note que les opérateurs télécom sont particulièrement actifs. Selon les opérateurs, la VOD représente un tuyau supplémentaire pour distribuer des contenus, un moyen d'augmenter le revenu par abonné et de réduire le taux de résiliation, ou une arme pour conquérir des parts de marché.

Certains acteurs pourraient s'allier à la faveur de la montée en puissance de la VOD, prévoit l'étude. L'essor de cette "télévision personnalisée" est favorisé par le développement du numérique, la pénétration du haut débit, l'augmentation de la bande passante disponible et une plus forte compression des données. Le Royaume-Uni a longtemps fait office de pionnier pour les services à la demande. La France a rattrapé son retard depuis le second semestre 2005, notamment grâce à un taux de pénétration du haut débit parmi les plus élevés d'Europe et à des prix relativement bas dans un univers très concurrentiel, souligne l'étude.

L'origine des contenus varie fortement d'une plate-forme à une autre: pour le cinéma, la part des films américains va d'un tiers à plus de 80%, pour les contenus européens nationaux de 4 à 71% et pour les films européens non nationaux de 5 à 25%. Le prix des programmes proposé en VOD tend à s'uniformiser. En moyenne, il faut compter 2,5/3 euros pour un programme de catalogue et 5 euros pour une nouveauté (la définition de la nouveauté varie selon les pays).

Dans ce contexte, la différence devrait se faire sur les options comme la durée de location, le nombre de copies permises ou la possibilité de transférer les contenus sur des terminaux portables.
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