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Jeudi 10 Octobre 2002 à 00:00

Vivendi Universal: vers la scission des activités

Le Canadien Edgar Bronfman Jr, actionnaire principal de Vivendi Universal (VU), pousse à son tour à la scission des activités du groupe aux Etats-Unis, rejoignant ainsi Barry Diller, président de VU Entertainment (VUE) et magnat du cinéma et de la télévision américains.

"La fin de la partie est claire. On aura une entité américaine cotée, de telle sorte que les investisseurs médias américains pourront y investir", a déclaré M. Bronfman, dans un entretien au Los Angeles Times, publié mercredi par le Herald Tribune. L'ancien patron de Seagram, qui a fusionné en 2000 avec Vivendi pour créer Vivendi Universal, estime qu'il reste encore beaucoup à faire pour définir le nouveau cap stratégique de VU. Il souhaite examiner les différentes options possibles dans les prochains mois avec le Pdg du groupe, Jean-René Fourtou.

M. Bronfman "ne cherche pas seulement à augmenter la valeur de l'action VU, mais aussi à reconstituer la fortune familiale et peut-être même à ajouter un peu de lustre à son nom", souligne le Los Angeles Times. La mise de la famille Bronfman (6 milliards de dollars) dans VU a fondu de 80% en raison de la chute du titre depuis janvier. M. Fourtou a succédé le 3 juillet à Jean-Marie Messier, alors que VU était au bord de la cessation de paiement. Il a exposé les grandes lignes de sa stratégie de redressement du groupe le 25 septembre, en annoncant la mise sur le marché du pôle édition VU Publishing et en exprimant sa volonté de "créer de véritables partenariats" avec les dirigeants des activités américaines.

Il a cependant laissé en pointillés le sort qu'il compte réserver à Vivendi Environnement (VE - eau, propreté, énergie, transports) et Cegetel (téléphonie fixe et mobile). VU a hérité de Seagram aux Etats-Unis un ensemble d'activités dans les médias et la communication, dont le périmètre a été élargi fin 2001 avec l'achat de USA Networks (télévision câblée) à Barry Diller. Tout en estimant qu'il existe "probalement des centaines de scénarios différents" à étudier avant de "déterminer la direction stratégique" de VU, M. Bronfman préconise la mise en bourse de VUE (cinéma, télévision câblée, parcs à thème). Une scission éventuelle des activités américaines dépendra de l'amélioration des conditions de marché, selon les analystes, qui ne l'attendent pas avant un ou deux ans.

En août, la presse américaine avait déjà évoqué un scénario de scission similaire: une fusion des actifs américains de VU, logés dans VUE, avec Universal Music, suivie d'un rapprochement avec Liberty Media (notamment la télévision payante Starz and Encore et 50% de le chaîne de télévision Discovery) de John Malone. L'opération aboutirait à la création d'un nouvel ensemble, dans lequel Liberty Media se hisserait à 49% tandis que VU en conserverait 51%, selon un schéma décrit par le Wall Street Journal. Un mois plus tard, Barry Diller préconisait, dans un entretien au Financial Times, "parmi les options s'offrant à VU", celle de "créer une entité indépendante américaine de médias et de loisirs, afin de permettre à ces actifs de croître".

Ce scénario, implicitement récusé par M. Fourtou, n'avait pas non plus retenu l'attention des opérateurs qui l'ont approché avec prudence. Depuis, Barry Diller a mis discrètement la pression sur la direction de VU, en rappelant les conditions draconiennes qu'il avait mises à la vente de USA Networks à VU. Le groupe français s'était engagé pour quinze ans à reverser à Barry Diller 2 milliards de dollars, correspondant à des redevances fiscales, si VU décidait de revendre USA Networks avant terme.
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