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Mardi 15 Octobre 2002 à 00:00

Vivendi Universal n'est mais pas à l'abri d'une OPA

Le groupe français de communication et de médias Vivendi Universal (VU) est en passe de surmonter sa crise de trésorerie mais reste à la merci d'une offre publique d'achat (OPA) hostile.

VU a annoncé mardi la libération à partir du 1er novembre d'une ligne de crédit de 3 milliards d'euros obtenue en septembre et la prolongation d'un crédit relais de 1,6 md EUR contracté en mai en faveur de sa filiale américaine VU Entertainment (VUE). La double annonce a fait bondir le titre de plus de 9% à la Bourse de Paris, à 13,3 EUR. Elle soulage pour les mois à venir, au moins jusqu'en mars, la trésorerie très tendue de VU, en donnant un répit à son Pdg, Jean-René Fourtou, engagé dans une stratégie de désendettement de l'ancien groupe de Jean-Marie Messier.

Mais M. Fourtou pourrait avoir à faire face à un nouveau casse-tête: une tentative d'OPA hostile de la part du groupe britannique de téléphone mobile Vodafone sur la totalité de VU. Selon le quotidien La Tribune, Vodafone, impatient de s'emparer de Cegetel (filiale à 44% de VU), qui abrite la filiale convoitée de téléphonie mobile, SFR, pourrait lancer une OPA sur VU, à raison de 15 euros l'action. Le scénario n'a pas été commenté par VU. Il est considéré comme "farfelu" par des sources intéressées par le dossier. "On ne voit pas pourquoi Vodafone se lancerait dans une entreprise risquée pour au final récupérer un tout petit morceau de VU, Cegetel", a indiqué une de ces sources à l'AFP.

Reste que VU, qui affichait une capitalisation boursière de 14,5 mds EUR mardi à la Bourse de Paris, pour une valeur d'entreprise (valeur des actifs) d'au moins 35 mds EUR, n'est pas à l'abri d'une OPA hostile: son capital est très ouvert, le principal actionnaire, la famille canadienne Bronfman, détenant environ 5% des titres. La Tribune affirme que le médiatique patron de Vodafone, Chris Gent, aurait eu un "contact positif" sur le sujet avec la famille Bronfman. Son principal représentant au conseil d'administration de VU, Edgar Bronfman Jr, a plaidé la semaine dernière pour une séparation des activités françaises et américaines du conglomérat français.

La proposition de Vodafone valoriserait VU à 16,5 mds EUR. Il irait même jusqu'à 20 mds EUR, selon La Tribune. Une fois l'OPA réussie, il démantèlerait VU pour ne garder que Cegetel et SFR, afin de parachever le maillage de son réseau européen, dans lequel il ne manque plus que la France. Les activités américaines (VU Entertainment et VU Music) seraient cédées à des investisseurs américains, afin "de répondre à la demande pressante des Bronfman", selon La Tribune. Vodafone s'engagerait à rétrocéder à des investisseurs français la chaîne de télévision à péage Canal+ et Vivendi Environnement (VE), la filiale de services collectifs (eau, transports, énergie, propreté) que VU ne contrôle plus qu'à 42%.

Les autorités françaises s'intéressent de près au sort de VE, qui dessert en eau potable plus 8.000 communes en France. Depuis son arrivée en juillet à la tête du groupe, menacé de cessation de paiement, M. Fourtou, a été accaparé par l'épineux dossier de la trésorerie. Fin septembre, il a annoncé un programme de cessions de 12 mds EUR sur 18 mois pour désendetter le groupe, en faisant l'impasse sur la stratégie qu'il compte lui imprimer. VU, qui se débat dans un endettement d'environ 18 mds EUR pour ses seules activités médias et communication, a mis sur le marché son pôle édition VU Publishing (VUP), dont il compte tirer au moins 3 mds EUR, sans les jeux et la maison d'édition américaine Houghton Mifflin.

Trois consortiums sont candidats à la reprise de VUP, dont les chefs de file sont Paribas Affaires Industrielles, Eurazeo et Lagardère. Ils ont jusqu'à lundi pour déposer leurs offres. Mais ce délai peut être prolongé.
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