Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Facebook Télé Satellite & Numérique Twitter Télé Satellite & Numérique Newsletter Télé Satellite & Numérique
Jeudi 17 Octobre 2002 à 00:00

La Station spatiale internationale, pour quoi faire?

Les problèmes budgétaires qui ont conduit à réduire l'équipage de la Station spatiale internationale à trois membres au lieu de six ou sept menacent d'ôter sa valeur scientifique à l'ISS, sauf si le laboratoire orbital est vu comme un camp d'entraînement vers les étoiles, selon des responsables de l'ISS réunit à Houston (Texas).

L'ISS, fruit d'une collaboration de 16 pays et d'un coût qui devrait dépasser les 60 milliards de dollars, pourrait n'être qu'un gâchis scientifique si les objectifs initiaux de recherche ne sont pas tenus, avertissait à la mi-septembre les membres du Conseil national de recherche, branche de l'Académie américaine des sciences. Pour ces experts, la décision de limiter l'équipage permanent en orbite à trois personnes -- qui résulte du report indéfini par la NASA de la construction d'un module de secours permettant à six ou sept astronautes d'abandonner l'ISS en cas d'urgence -- revient à réduire de 85% le temps consacré à la science en orbite.

Réunis à Houston à l'occasion du deuxième Congrès mondial de l'espace, des responsables des programmes spatiaux américain, russe, européen, canadien et japonais se sont employés chacun à leur façon à démontrer l'utilité de l'ISS, comme terrain d'entraînement pour préparer des explorations plus lointaines, tester des équipements et même, pour certains, gagner de l'argent. "L'ISS est notre porte d'accès aux étoiles", a dit l'astronaute américaine Shannon Lucid, directrice scientifique de la NASA et vétéran de l'espace après avoir passé 188 jours en orbite à bord de la station spatiale russe Mir, en 1996. "Parce que (l'ISS) est un laboratoire orbital qui reproduit les conditions qui seraient rencontrées lors de longues expéditions spatiales, il nous permettra de répondre à des questions dont nous devons connaître la réponse avant de nous aventurer au delà de l'orbite basse" de la Terre, a déclaré l'astronaute.

Le responsable du programme de l'ISS à la NASA, Bill Gerstenmaier, a lui aussi estimé que "l'ISS est un terrain d'entraînement pour l'exploration spatiale, où nous apprenons à intégrer les capacités humaines avec les capacités robotiques". Ce dernier a néanmoins averti que "nous avons tous des budgets en réduction, et nous devons amener la gestion budgétaire au même niveau d'excellence que nous avons atteint techniquement" sur la station spatiale. L'astronaute de la NASA Frank Culbertson, qui a commandé l'un des équipages résidant sur l'ISS (Expedition 3), s'est pour sa part déclaré convaincu que "nous volerons un jour à six personnes et que nous consacrerons beaucoup plus d'heures à la science que nous en faisons aujourd'hui".

Se distinguant des Américains, les représentants des agences spatiales russe, européenne et japonaise, ont chacun cité l'utilisation commerciale possible de l'ISS, face aux problèmes budgétaires qu'elle rencontre. Mikhaïl Sinelchikof, chef des vols habités de l'Agence aérospatiale russe, a défendu l'approche commerciale de son pays qui est "un outil pour attirer de nouveaux financements" avec notamment le "tourisme spatial, le show business". "Nous avons déjà permis à deux touriste de l'espace de visiter l'ISS. Cette expérience démontre que la commercialisation de l'ISS est une réalité qui doit être prise en compte par nos partenaires", a souligné M. Sinelchikof.

Le responsable des vols habités de l'Agence spatiale européenne (ESA), le néerlandais Alan Thirkettle, a lui aussi cité le potentiel commercial du laboratoire orbital. M. Thirkettle a défini les objectifs européens sur l'ISS comme "la conduite de recherche scientifique, la réalisation de démonstrations technologiques en orbite pour se préparer à l'exploration (spatiale) et finalement l'exploitation commerciale de la station".

Et M. Hideshi Kozawa, directeur du programme de l'ISS pour l'agence spatiale japonaise (NASDA) a conclu sa présentation par l'image d'une canette flottant en apesanteur dans la station spatiale, première publicité japonaise réalisée en orbite pour une boisson gazeuse.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›