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Lundi 21 Octobre 2002 à 00:00

Semaine cruciale pour Vivendi Universal

Les jours prochains seront cruciaux pour l'avenir de Vivendi Universal (VU): le groupe français devrait annoncer le nom du repreneur de son pôle édition Vivendi Universal Publishing (VUP) cette semaine et répondre avant le 30 octobre à l'offre de Vodafone sur Cegetel, son pôle téléphonie.

De sources proches du dossier, on indiquait lundi que le groupe continuait à examiner toutes les options concernant Cegetel, tandis que la troisième et dernière offre pour la reprise de VUP devait être déposée ce lundi par Eurazeo, une holding de la banque française Lazard, associée à l'américain Carlyle Europe et au français UI (Crédit Agricole). Cette offre suivra celles déjà déposées par le groupe français Lagardère et par un consortium mené par Paribas Affaires Industrielles (PAI), associé à Apax Partners France ainsi qu'aux américains Thomas H. Lee et Blackstone.

La clôture du dépôt des offres était prévue lundi mais elle pourrait être reportée pour des raisons techniques, a-t-on rappelé de sources proches du dossier. Selon des informations de presse, le nom du repreneur pourrait être connu mercredi au plus tard. L'issue de cette furieuse bataille pour le contrôle de fleurons de l'édition française comme Larousse, Robert, Bordas, Nathan, Colin, Plon-Perrin, Laffont, 10/18 ou Pocket, reste incertaine. "Le gagnant sera celui qui aura mis le plus d'argent sur la table", soulignent des conseils de VU. VU souhaite tirer 3 milliards d'euros de son pôle édition, hors la maison d'édition américaine Houghton Mifflin et les jeux.

Cette somme doit être consacrée à la réduction de la dette de VU (18 mds EUR) et/ou à contrer la pressante offre du britannique Vodafone pour la reprise des 44% de VU dans Cegetel. Le groupe a jusqu'au 30 octobre pour y répondre. Vodafone est prêt à mettre 13 mds EUR pour s'assurer le contrôle de Cegetel, en reprenant les parts de VU (44%) et celles de ses deux partenaires minoritaires: le britannique BT Group (26%) et l'américain SB Communication (15%). Vodafone compléterait ainsi le maillage de son réseau européen de téléphonie mobile avec SFR. L'attaque du Pdg de Vodafone, Chris Gent, a pris de court le management de VU, plongé depuis le limogeage de l'ex-Pdg Jean-Marie Messier, début juillet, dans de difficiles négociations avec ses banques pour couvrir des échéances de crédit à court terme.

Six jours après l'offensive de Vodafone, le Pdg de VU, Jean-René Fourtou, n'a laissé filtrer aucune indication sur la direction qu'il entendait prendre. "VU examinera toutes les options avant de prendre une décision", a-t-on souligné de sources proches du dossier. Alors que la presse continue à évoquer divers montages financiers, puisant dans les ressources de l'ingénierie financière, qui permettraient à VU de garder Cegetel, et même de s'y renforcer, le groupe de Jean-René Fourtou reste suspendu au feu vert de ses banquiers. "Le dernier mot reviendra aux banquiers, selon le niveau de risque qu'ils accepteront d'endosser en soutenant la contre-offensive de VU", a noté un analyste du secteur.

La solution idéale pour Vivendi serait de rassembler, y compris en faisant appel au concours des banques, les 4 mds EUR nécessaires pour racheter les parts de BT Group et s'assurer ainsi le contrôle à la fois de Cegetel et de sa filiale de téléphonie mobile SFR, reléguant Vodafone au rang d'actionnaire minoritaire. Si VU abandonnait Cegetel, le groupe devrait se résigner à réduire ses ambitions au seul secteur des loisirs (cinéma, télévision, musique, parcs à thème) et au rôle d'actionnaire minoritaire, mais principal, de la filiale de services Vivendi Environnement.
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