Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Facebook Télé Satellite & Numérique Twitter Télé Satellite & Numérique Newsletter Télé Satellite & Numérique
Mercredi 23 Octobre 2002 à 00:00

Vivendi: le reste marché sceptique

Les analystes ont accueilli mercredi avec scepticisme la cession par Vivendi Universal de la branche européenne de ses activités d'édition à Lagardère, soulignant l'incertitude sur les intentions de VU à l'égard de sa branche téléphonie Cegetel.

Vivendi Universal (VU) a confirmé des négociations avec Lagardère pour lui céder les activités de Vivendi Universal Publishing (VUP) en Europe et en Amérique Latine, sur la base d'une valeur d'entreprise de 1,25 milliard d'euros. Le marché a clairement fait connaître son verdict: Lagardère prenait 5,85% à 42,50 euros, alors que Vivendi Universal chutait de 4,85% à 12,75 euros vers 15H45 (13H45 GMT), dans un marché en forte baisse (-2,52%).

Le prix retenu pour la valorisation de l'entreprise est diversement apprécié par les analystes. La plupart pensent que c'est une bonne affaire pour Lagardère. "Le prix lui est favorable dans la mesure où c'est légèrement inférieur à ce que l'on attendait", jugeait ainsi Jean-Pierre Gérémy, responsable sectoriel de la maison de courtage Fideuram Wargny. Même sentiment chez le courtier Aurel Leven. En revanche, UBS Warburg estime que "le prix payé par Lagardère n'est pas particulièrement attractif" pour l'acquéreur. La maison de courtage met en avant "les faibles synergies" à attendre de ce rachat.

En outre, Lagardère "sera probablement obligé de vendre une partie des activités françaises pour des raisons de concurrence", précise-t-elle. Le CIC Securities souligne pour sa part l'intérêt industriel d'une telle opération pour Lagardère. Le chiffre d'affaires pro forma du futur ensemble se situera "autour de 1,97 md EUR, soit un accroissement de taille du pôle Livre de Lagardère de 130%". "En estimant prudemment des synergies équivalentes à 1% de marge, l'impact sur le bénéfice par action sera de +11,5% en pro forma en année pleine", ajoute-t-il.

En revanche, les implications d'une telle transaction pour Vivendi Universal restaient floues pour le marché. "Les cessions de Vivendi Universal sont manifestement laborieuses et les prix annoncés sont inférieurs aux attentes", indique Jean-Noël Vieille, directeur de la recherche d'Aurel Leven dans un note. "Le choix de rester opérateur de Cegetel sera d'autant plus compliqué à valider si le montant des cessions est plus faible que prévu", ajoute-t-il.

Pour nombre d'analystes, il ne fait pas de doute que VU aimerait couper l'herbe sous le pied du britannique Vodafone en faisant jouer son droit de préemption sur les participations de British Telecom et de l'américain SBC dans la filiale téléphonie du groupe français. Avec le cash qu'il tirera de la cession de VUP, "VU veut bien évidemment lancer son offre sur les participations de BT et SBC dans Cegetel", déclare ainsi le CIC Securities. Mais le produit de la vente de VUP Europe, "semble à ce stade insuffisant", estime-t-il. Le rachat des 26% détenus par BT (qui assurerait à VU un contrôle à 70% de Cegetel) "vaut à ce stade 3,95 mds EUR", précise la maison de courtage.

Cet avis est partagé par UBS Warburg, pour qui "VU devrait selon toutes probabilités exercer son droit de préemption, ce qui ne serait pas positif pour ses actionnaires". BNP Paribas Equities écrit pour sa part dans une note sur Vodafone que "les banques (de VU) seraient très enthousiastes à l'idée que Vivendi vende sa participation dans Cegetel".
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›