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Lundi 18 Novembre 2002 à 00:00

NRJ détrône RTL au bénéfice de l'âge

NRJ a détrôné RTL, détentrice depuis plus de 20 ans du titre envié de première radio de France, à la faveur d'un élargissement par l'institut Médiamétrie de sa mesure d'audience aux 13-14 ans, une des cibles de la radio musicale.

NRJ, née en mai 1981 avec le mouvement des radios libres et l'arrivée au pouvoir de la gauche, est devenue depuis un puissant groupe coté en bourse qui dame pour la première fois le pion à une "historique", apparue dans les années 30. En audience cumulée, le critère privilégié jusqu'à présent pour le classement des radios, NRJ devance, avec 13,4%, RTL (12,4%) et France Inter (10,9%), France Info (10,5%) et Europe 1 (9,1%), selon l'enquête 75.000 + de Médiamétrie portant sur les mois de septembre et octobre 2002. "C'est une révolution, un vieux rêve devenu réalité", s'est félicité Jean-Paul Beaudecroux, président-fondateur de NRJ, qui se souvient d'avoir "commencé il y a 20 ans dans 20 mètres carrés aux Buttes-Chaumont".

Ce bouleversement dans la hiérarchie confirme selon lui le déclin des grandes radios généralistes, à l'auditoire vieillissant. "Les généralistes, c'était bien quand il y avait trois radios pour l'ensemble des Français: le matin, avant 9 heures, il fallait séduire les cadres, puis la ménagère entre 9 heures et 12 heures et, l'après-midi, les jeunes", a-t-il déclaré à l'AFP. Face à lui, Robin Leproux, directeur général de RTL, assure que "les Français ont décidé d'écouter davantage les deux radios généralistes RTL et France Inter, que tout autre format". Il s'appuie sur un autre critère, la part d'audience chère aux chaînes de télévision qui, contrairement à l'audience cumulée, tient compte de la durée d'écoute.

Cette part d'audience est largement favorable la station de la rue Bayard qui, avec 12,3%, domine largement France Inter (9,8%), NRJ (8,2%) et Europe 1 (7,7%). Robin Leproux "prend acte" toutefois du leadership de son rival en audience cumulée. Il l'analyse non seulement comme le résultat de l'intégration des 13-14 ans dans l'enquête, mais aussi comme un effet de l'arrivée sur l'antenne d'NRJ du format de la libre-antenne. L'émission de Maurad, en soirée, a apporté 200.000 auditeurs de plus à la station musicale, selon lui. Pas question cependant pour RTL de modifier ses programmes pour conquérir les plus jeunes. "On s'adresse aux 25-60 ans principalement", indique Robin Leproux qui se dit "extrêmement satisfait de cette structure d'audience et des performances de la radio".

Elles ont permis selon lui à RTL de revenir "au niveau des résultats d'il y a 3 ou autre ans, avant la crise". Une allusion au rajeunissement de l'antenne tenté à la fin 2000 par la radio et symbolisée par la suppression -provisoire- des "Grosses têtes" qui s'était traduite par une chute brutale de son audience. Reste l'avis des principaux concernés, à savoir les annonceurs. Pour Didier Beauclair, directeur des médias à l'Union des annonceurs (UDA), l'extension de l'échantillon constitue une "avancée significative", les 13-14 ans étant "une cible importante" des annonceurs.

L'audience de la télévision, mesurée dès l'âge de 4 ans, relève-t-il, sert à "l'ensemble des plans médias" bâtis pour ce média. Didier Beauclair relativise cependant la portée du nouveau leadership de NRJ. "Pour nous, annonceurs, ça ne change pas grand chose", assure-t-il, "quand il s'agit de répartir le budget entre plusieurs stations de radio, la part d'audience est un indicateur plus complet que l'audience cumulée".
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