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Mardi 19 Novembre 2002 à 00:00

TV publique: l'achat d'émissions au secteur privé au coeur de la grève

L'achat de programmes à des producteurs privés est au coeur de la grève dans l'audiovisuel public, entrée mardi dans sa septième journée, aux côtés de revendications plus classiques sur les salaires ou l'emploi.

"L'argent distribué à l'extérieur, c'est de l'argent public", dénonce un syndicaliste CFDT de France 2, "nous ne devons pas être des diffuseurs payeurs". Et d'évoquer le dernier numéro d'Envoyé spécial, constitué selon lui de quatre sujets confiés à des producteurs privés. Principal argument des partisans du recours au privé : ces programmes seraient bien souvent meilleur marché que les productions maison des chaînes publiques, plombées par la convention collective, et permettraient plus de créativité et de souplesse de programmation. Faux, rétorque la CFDT qui dénonce une attitude "dogmatique" et relève que les producteurs privés "font des marges".

A la veille du déclenchement du mouvement, la direction des ressources humaines (DRH) de France 3, où les syndicats ont soulevé la même question, avait répondu dans un document interne parvenu à l'AFP. Elle prenait deux "engagements": privilégier la production interne à coûts comparables et tout mettre en oeuvre pour internaliser à terme "Questions pour un champion" (produit par Grundy). Selon la DRH, 18 émissions nationales de France 3 sont produites "en interne" contre 7 "externalisées" (On ne peut pas plaire à tout le monde, C'est mon choix, Vie Privée Vie Publique...), en "fonction des contraintes techniques et financières". "Nous sommes en mesure d'assurer le plein emploi de nos personnels permanents", a assuré mardi un porte-parole de la chaîne à l'AFP, estimant à près de 80% le volume des programmes fabriqués en interne par la Trois.

La question vient rappeler le "scandale des animateurs-producteurs" en 1996 qui avait acculé à la démission l'ancien président de France Télévision, Jean-Pierre Elkabbach. La Cour des comptes avait estimé que les contrats incriminés "n'avaient pas entraîné la croissance du taux d'audience et des parts de marché publicitaire de la chaîne" mais "contribué à l'enrichissement des sociétés concernées". Mais la résurgence de ce débat renvoie aussi aux "décrets Tasca", du nom de l'ancienne ministre socialiste de la Communication. Pris en juillet 2001 au nom de la défense des producteurs indépendants, ils renforcent les obligations des chaînes publiques : elles doivent externaliser les deux tiers de la production d'oeuvres audiovisuelles (fictions, documentaires et autres magazines hors plateaux, à l'exclusion des jeux, de l'information en plateau et du sport).

"En pratique, ce sont les sociétés qui disposent d'un outil de production fort, comme France 3, qui sont les plus embêtées par ces décrets", souligne un observateur. France 5, créée en 1994, échappe à la grève, la question des achats extérieurs ne se posant pas : son cahier des charges prévoit l'achat de toute la production à l'extérieur.
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