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Mercredi 20 Novembre 2002 à 00:00

France 3: le sentiment de l'oubli de la mission de service

Ils préfèrent leur émission "Télé Pomme" au racoleur "C'est mon choix" et le clament haut et fort.

Défenseurs de leur mission de service public, les grévistes du centre d'actualité télévisée (CAT) de Basse-Normandie veulent des réponses quant à leur avenir et à celui de leur chaîne. Mal dans leur peau avec le sentiment persistant de ne pas être écoutés par leur direction nationale qui, disent-ils, refuse toute négociation, les grévistes exigent des réponses aux nombreuses questions qui les obsèdent depuis plus de deux ans.

Le gel des salaires depuis cinq ans, l'opacité des nouvelles "primes à la productivité" instaurées dans les nouveaux objectifs des cadres de la direction, l'arrivée de nouvelles technologies sans concertation du personnel ne sont que quelques problèmes auxquels ils attendent des réponses. Mais les grévistes s'inquiètent surtout du devenir de leur chaîne et de leurs métiers. La "dérive de la mission de service public" de France 3 est sur toutes les lèvres. Si au niveau régional l'achat de programmes à des producteurs privés pose problème, ils s'inquiètent aussi de la perte de leur crédibilité au niveau local, notamment par l'octroi de créneaux horaires pour les émissions régionales à des heures de très faible écoute et la rediffusion multiple des sujets lors de ces créneaux.

"Il y a un sentiment de perte de l'esprit d'équipe et de dérive vers une standardisation du produit TV au niveau régional", explique Catherine Gauberti, déléguée du personnel CGT. En tant que scripte, elle coordonne le travail des journalistes et des techniciens et ainsi côtoie au quotidien l'ensemble des métiers du centre bas-normand. "Il y a chez le personnel un cumul de frustrations professionnelles... On peut avoir l'impression d'être là pour faire du remplissage et dans ce cadre, la qualité, on peut s'en passer !", affirme la déléguée. "Pour le journal, il y a vingt minutes le soir, c'est 20 minutes à combler: aller vite, revenir vite...On ne nous demande plus de la qualité, le résultat il n'y en a rien à faire", regrette Jean Touzet, journaliste reporter d'images et délégué syndical CGT.

Selon lui, la grève qui secoue l'audiovisuel public depuis une semaine est "une accumulation de tous ces problèmes... ça fait deux à trois ans qu'on en parle. Le plus déterminant, c'est la télévision numérique terrestre (TNT) qui devait nous apporter de nouveaux métiers, un sujet encore remis à plus tard par le nouveau gouvernement". Mardi, c'est à l'occasion d'une conférence de presse que journalistes, techniciens et administratifs grévistes ont voulu remettre les pendules à l'heure et clamer leur différence avec le privé.

Avec plus de 50% de grévistes chez le personnel journaliste et 20% chez les personnels techniques administratifs, la station bas-normande ne diffuse plus aucun journal régional depuis le début du conflit. Mercredi, ils se rendront comme tous les confrères à Paris "parce qu'il faut que ça bouge".
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