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Jeudi 21 Novembre 2002 à 00:00

Les satellites au service des baleines et des forages pétroliers

Comment faire des forages pétroliers au large de la Mauritanie sans déranger les baleines ? Rien de plus simple: en étudiant leur itinéraire de migration à l'aide d'images satellites et en installant les plates-formes en conséquence, déclare Sidi Mohamed Cheiguer, vice-président du groupe mauritanien BSA.

"On est en discussions" avec l'opérateur pétrolier australien Woodside, explique à l'AFP M. Cheiguer, dont la société a développé ces dernières années des activités de cartographie, télédétection et autres systèmes d'information géographique. Selon lui, cette spécialisation "en gestion de l'espace" a répondu à un manque criant de cartes et de plans, dans un pays saharo-sahélien de tradition nomade où l'espace est ressenti comme infini. Prudence oblige, ni Woodside, qui vient de mener une campagne d'exploration "offshore" en Mauritanie, ni le gouvernement de Nouakchott, n'ont encore annoncé que le pétrole mauritanien serait exploité un jour.

Mais, prêt à toute éventualité, Woodside a demandé à BSA d'étudier les mouvements des baleines, "sans doute pour en tenir compte dans l'installation des plates-formes", explique M. Cheiguer. Tout est "question de budget", admet le vice-président de BSA, mais pour lui, les photos satellites sont de loin la meilleure solution. D'autant plus que BSA a signé avec Spot Image, numéro un mondial de l'imagerie par satellite, un accord de partenariat lui donnant les droits exclusifs de licence sur huit pays d'Afrique de l'ouest (Mauritanie, Sénégal, Mali, Burkina Faso, Niger, Guinée, Guinée-Bissau et Gambie).

BSA espère étendre à terme sa zone d'influence et voudrait installer en Mauritanie une station de réception qui pourrait s'appeler, par exemple, "Spot Africa". Jadis hors de prix, l'imagerie satellitaire devient accessible aux organisations et pays africains, estime M. Cheiguer, en énumérant les applications possibles: surveillance des mouvements de bateaux de pêche, suivi des récoltes, de l'avancée du désert ou contrôle de "souveraineté" dans des zones frontalières aux confins de pays vastes et peu peuplés.

Parallèlement, la partie "Ingénierie" de BSA (Bouamatou société anonyme, holding également présente dans la banque, les assurances, les télécoms, la distribution...) travaille sur plusieurs projets, en particulier "l'adressage" de Nouakchott, via un maillage très précis de la capitale. Jusqu'à présent, il n'y avait aucun plan détaillé de la ville qui, créée à l'indépendance en 1960, a vu sa population exploser, pour atteindre environ 700.000 habitants. Sur 12.000 à 15.000 rues, seulement une vingtaine ont des noms, affirment les responsables de BSA-Ingénierie.

Donc, après enquête porte à porte et saisie informatique des données, des numéros sont peints sur les maisons, tandis que M. Cheiguer et son équipe proposent aux autorités de donner provisoirement aux rues des noms de villes du monde. BSA a aussi mis au point un système informatisé d'approvisionnement de 5.000 points de vente de cigarettes à Nouakchott et a eu l'occasion de travailler, dès 1997, sur la distribution d'aide humanitaire dans une région affectée par la sécheresse. Le groupe emploie 515 personnes, dont une trentaine dans la section ingénierie.

Si la station de réception est installée, une filiale spécifique sera créée, précise M. Cheiguer, convaincu que le satellite a un bel avenir en Afrique. En Mauritanie, dit-il, "des gens analphabètes ont leur GPS" (Global positioning system) et trouvent désormais leur chemin dans le désert grâce aux satellites.
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