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Mercredi 20 Novembre 2002 à 00:00

Les grévistes de France Télévisions réclament des négociations

Cornes de brume, crécelles, banderoles: les grévistes de France 2 et France 3 rassemblés mercredi au Palais-Royal à Paris, au 8e jour de grève "pour la sauvegarde du service public", avaient l'intention d'être entendus malgré une semaine "sans négociations".

Les salariés des deux chaînes ont voté la reconduction du mouvement jusqu'à jeudi matin. Une grève qui se traduit notamment par la suppression des journaux nationaux de France 3 et par une absence plus sporadique du JT sur France 2, comme ce fut le cas pour le 13 heures de mercredi. La direction de France 2 recensait quelque 165 grévistes, soit une participation de 14% et celle de France 3 citait un pourcentage de grévistes de l'ordre de 30%. Tandis qu'une délégation intersyndicale était reçue au ministère de la Culture et de la Communication dans l'après-midi, des grévistes de France 2, France 3 Ile-de-France, Alsace, Nord Pas-de-Calais, Picardie, Limousin, Champagne-Ardennes... mais aussi des syndicalistes de Radio France, qui ne sont plus en grève, se sont rassemblés sur la place du Palais-Royal, à proximité de leur ministère de tutelle.

Ils étaient 350 selon la police, un millier selon les syndicats. Faute de pouvoir approcher le ministère, c'est à deux pas, sous les fenêtres du Conseil d'Etat, que les manifestants ont crié : "Tessier, Aillagon, négociation!", ou entonné: "Il était un petit ministre (...) qui n'avait, ja-ja-jamais négocié (...) ohé, ohé, Aillagon, Aillagon tu nous prends pour des cons...". Un t-shirt arborant une bombe allumée sur un poste de télévision illustre les craintes des grévistes. Au banc des accusés, les sociétés de production privées, qui fournissent des programmes à France 2 et France 3, payés avec l'argent de la redevance et dont le contenu est jugé parfois racoleur par les syndicats, compte-tenu des missions du service public.

De nombreuses banderoles illustraient cet état d'esprit: "Benny Hill, c'est pas mon choix", ou encore l'image d'un vautour penché sur le logo de France 3. "A France 3 Picardie, on a couvert pendant deux mois les inondations. France 3 a fait un magazine sur ce thème qui a été acheté au privé alors que nous avions des centaines de contacts", déplore un journaliste non syndiqué. "On nous dit que nous sommes plus chers mais on attend toujours qu'on nous le prouve". "Il y a plein de gens qui ne sont pas en grève pour les salaires", mais pour "protéger la production interne. On achète des émissions au privé alors qu'on a les compétences et les moyens pour le faire", estime-t-il.

Les syndicats n'en demandent pas moins une révision du point d'indice, gelé depuis 5 ans, qui définit en partie l'évolution des salaires dans l'audiovisuel public. "Huit jours qu'on est en grève, et comme négociations rien du tout. C'est un mépris total", estiment-t-il. Une quinzaine de salariés qui travaillent sur le site d'Ecully dans la banlieue lyonnaise, à la chaîne Régions menacée de disparition, ou à France 3, sont montés à Paris. "Décemment, vous ne pouvez pas laisser tomber des collègues qui sont dans les mêmes bureaux que vous et qui risquent d'être licenciés d'ici février", explique un salarié de France 3.

La direction et les syndicats de France 3 doivent se rencontrer jeudi à 10 heures pour négocier, selon des sources concordantes. A France 2, la direction a fait aux syndicats des propositions salariales "tellement minables qu'elles passent par de la provocation", selon une syndicaliste. "Les gens se sentent offensés dans leur dignité".
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