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Jeudi 21 Novembre 2002 à 00:00

Crise ouverte à la RAI

La crise au sein de la Rai, la radiotélévision publique italienne, a éclaté au grand jour avec la démission des deux représentants de l'opposition au conseil d'administration, en désaccord avec la direction nommée par la majorité de droite.

Les membres du conseil d'administration Luigi Zanda et Carmine Donzelli ont fait part par de leur décision de se démettre en invoquant l'impossibilité d'accomplir leur tâche et de s'accorder sur l'essentiel avec le président de la Rai, le juriste Antonio Baldassarre. Les lettres de démission ont été envoyées aux présidents de la Chambre des députés et du Sénat, qui, depuis une loi "provisoire" de 1993, sont chargés de la nomination du conseil d'administration de la Rai.

Un troisième membre de sensibilité centriste, Marco Staderini, a également menacé de partir, ce qui obligerait à un renouvellement complet de l'organe de direction composé de cinq membres. Deux postes sont par usage réservés à l'opposition et trois sont "sous influence" de la majorité au pouvoir, dont le mandat de président. L'un des deux démissionnaires, Luigi Zanda, a expliqué son départ par "l'impossibilité de coopérer positivement" avec le président et le directeur général de la société, Agostino Sacca. "Je n'ai pas réussi à comprendre les idéaux, la vision de l'avenir et les stratégies" des deux responsables, a indiqué M. Zanda dans sa lettre.

L'autre démissionnaire, Carmine Donzelli, a estimé qu'il ne disposait "plus de marge pour exercer son mandat". Le président et le directeur général de la Rai "portent la responsabilité d'une gestion qui compromet la Rai", a-t-il estimé. Selon la presse italienne, la crise larvée a explosé au sujet de la nomination des responsables de la fiction et des programmes. Les noms avancés par les deux conseillers de l'opposition ont été refusés. Pour le ministre italien des Communications, Maurizio Gasparri, ces démissions sont le fruit "d'un tentative avortée" de placer à la tête de la fiction une personne nettement marquée à gauche, selon le vieux principe de "lottizzazione" ou partage du pouvoir au sein des sociétés publiques.

Mais pour Francesco Rutelli, un des dirigeants de l'Olivier, coalition de centre-gauche, cette crise "explose à cause d'une gestion partisane et inefficace qui a affaibli de manière dramatique le service public". Les deux conseillers partants se plaignaient depuis des mois du manque de collégialité au sein de l'entreprise alors que l'opposition ne cesse de dénoncer la main-mise de la majorité sur la télévision italienne. Deux journalistes vedettes, réputés hostiles à M. Berlusconi, Enzo Biagi et Michele Santoro, ont été écartés de l'antenne. Le chef du gouvernement les avait publiquement vilipendés pour "l'usage criminel" qu'ils faisaient de la télévision publique.

Les problèmes de la Rai ressortent également dans un sondage paru mercredi dans l'hedomadaire Famiglia Cristiana, où 42% des Italiens jugent la qualité des programmes insuffisante. La crédibilité de la télévision publique est également attaquée dans ce sondage avec 45% de personnes faisant plus confiance à la chaîne privée Canale 5 (Mediaset) et son émission d'enquête "Striscia la notizia" qu'aux journaux télévisés de la Rai pour dénoncer les cas de corruption ou d'injustice sociale.

En août, Antonio Baldassare, le président de la Rai, avait dû défendre sa gestion et affirmé que "l'alarmisme au sujet de la Rai et le fait qu'elle perdrait du terrain devant Mediaset, ne correspondait pas à la réalité". Le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi actionnaire de contrôle de Mediaset, premier groupe de télévision privé du pays, fait son possible pour donner l'impression de ne pas s'immiscer dans le dossier. "J'en ai seulement eu des échos", a-t-il indiqué laconique mercredi à propos de la nouvelle crise.
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