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Samedi 23 Novembre 2002 à 00:00

Lassitude et scepticisme chez les personnels de France 2 et France 3

"Ca sent la fin", "on a un peu l'impression qu'on a fait tout ça pour pas grand chose", "on voit que le mouvement s'essouffle"...

Vendredi, les salariés de France 2 et France 3 anticipaient avec résignation et un peu de lassitude la fin d'un mouvement "qui n'a pas tenu ses promesses". "Je ne devrais pas le dire mais ça semble clair que le mouvement tire sur sa fin", déclare un technicien gréviste de France 2 en parcourant l'un des immenses couloirs du "paquebot" France Télévisions, amarré en bord de Seine. "Maintenant que les syndicats ont commencé à négocier, on sait bien que même s'ils n'obtiennent pas grand chose, c'est le début de la fin", dit-il.

Les assemblées générales des deux chaînes continuent certes d'attirer du monde - entre 150 et 200 personnes à France 2, une centaine à France 3 vendredi matin - mais l'ambiance est plus studieuse et dépassionnée que survoltée malgré les efforts des délégués syndicaux pour galvaniser les troupes. "Une grève, c'est comme le montage d'un reportage, ça doit avoir un rythme intérieur", affirme une salariée technique de la rédaction nationale de France 3. "On en avait un lundi, en occupant la régie finale de France 2, et ça a culminé mercredi avec la manifestation. Là, il n'y en a plus. C'est retombé".

Elle continue, cependant. "Je n'ai pas fait grève pendant dix jours pour obtenir des mesurettes qui ne me concernent même pas. L'effort sur les salaires doit être général, on doit tous y gagner", plaide-t-elle. "ambiance pourrie" Certains n'ont pas eu cette patience et n'ont fait grève que quelques jours avant d'arrêter, comme cette salariée des services administratifs de France 3: "J'avais l'impression de revivre le mouvement de 1997, où on a fait grève pendant trois semaines pour finalement obtenir des cacahuètes".

Vendredi, en assemblée générale, les propositions de la direction de France 2 ne sont plus assimilées à des cacahuètes mais à des "haricots". Et même si les syndicats de la chaîne filent la métaphore en estimant "ne pas pas avoir obtenu les patates espérées", ils parlent déjà de la grève au passé composé. "On est passé très près de rien du tout", déclare aux salariés Jean-Marc Surcin, de la CFDT de France 2. "On aura du mal à obtenir plus" mais "on va tout faire pour sortir des négociations la tête haute". Par ailleurs, l'unité des syndicats et des revendications laisse apparaître quelques fissures.

A France 2, par exemple, on montre du doigt -sans la nommer- FO, qui "participe aux négociations avec la direction mais n'a même pas fait grève", selon un membre d'une autre organisation. Et dans les deux chaînes, des tensions entre catégories de personnels -administratifs, techniques, journalistes- se font jour. "En fait, j'espère que la grève va finir aujourd'hui (vendredi) parce que ça finit par mettre une ambiance pourrie dans la maison", estime une jeune salariée de France 3.
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