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Samedi 23 Novembre 2002 à 00:00

Reprise du travail à France 2

Après dix jours de grève, les salariés de France 2 ont voté la reprise du travail vendredi soir, le mouvement social dans l'audiovisuel public n'affectant plus que France 3 où les négociations se poursuivaient dans un climat d'incertitude et de tension.

"Ce mouvement a démontré la détermination des gens qui se battent, chacun dans sa profession, pour la défense du service public", s'est félicitée Dominique Pradalié, déléguée syndicale SNJ de France 2. La reprise du travail a été votée "massivement" par une Nième assemblée générale des salariés de la Deux, selon les syndicats. Un vote sans surprise: la direction avait mis sur la table dès la veille plusieurs propositions et les organisations syndicales estimaient elles-mêmes difficile d'obtenir davantage. "Il y a dans cet accord signé par tous les syndicats de l'entreprise des conditions acceptables de sortie pour l'ensemble des parties", a estimé pour sa part Christopher Baldelli, directeur général de la chaîne.

Selon le protocole de fin de grève, la direction s'est engagée, entre autres, sur une mesure en faveur des plus bas salaires --une "prime exceptionnelle" de 380 euros pour 100 salariés du personnel administratif et technique-- et un examen de la situation des journalistes les moins bien rémunérés. Répondant à l'une des revendications centrales des syndicats sur la "réinternalisation" de la production, elle a également promis de "veiller au plein emploi" des moyens de production interne, tant humains que techniques et à communiquer "des comparaisons entre coûts de production interne et externe". Du côté de France 3, les négociations ont également repris vendredi mais dans un climat tendu.

Le directeur général de la chaîne, Rémy Pflimlin, avait demandé la veille aux syndicats de formuler des contre-propositions après leur avoir soumis un ensemble de propositions. La direction s'engageait à accroître de 4% en 2003 le coût de la grille des programmes régionaux, à fournir "ses meilleurs efforts" pour que le jeu "Questions pour un champion" soit fabriqué par la station régionale de Lyon et non plus par un producteur privé, "confirmant" aussi son plan d'investissement. Sur la question des salaires, elle proposait entre autres le versement d'une prime de 250 euros pour les plus faibles d'entre eux.

Quant à l'emploi, il devait faire l'objet, suggérait-elle, d'une "concertation" d'ici à la fin 2002 sur les "permanisations", et de la création d'un "espace de mobilité" pour les salariés sans affectation. Mais, selon la CGT, "aucune avancée concrète sur ce qui était primordial, à savoir le maintien de l'activité, l'emploi et les salaires" n'a été présentée aux syndicats en réponse à leurs contre-propositions. Une nouvelle assemblée générale du personnel de France 3 prévue en fin d'après-midi a ainsi été reportée sine die alors que les discussions se poursuivaient. La grève avait déjà été reconduite dans la matinée pour 24 heures.

Le mouvement s'était rapidement essoufflé dans les autres sociétés de l'audiovisuel public touchées, Radio France, RFO et RFI. De son côté, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, en déplacement dans la Vienne, a tenté de répondre aux inquiétudes des salariés de France Télévisions qui redoutent une privatisation de France 2 ou France 3. "Il n'y a aucune stratégie de privatisation de la part du gouvernement. C'est clair, net et précis", a-t-il lancé, attendu par une vingtaine de salariés de France 3 Poitou qui brandissaient une banderole: "mesures d'en haut, télé d'en bas".
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