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Mercredi 27 Novembre 2002 à 00:00

Limiter la prolifération des débris spatiaux

Les débris spatiaux, qui représentent un risque pour les satellites opérationnels en cas de collision, ne peuvent être éliminés, et la seule voie d'action consiste à appliquer des mesures de prévention pour limiter leur prolifération, selon les experts qui tiendront congrès sur ce sujet à Toulouse les 27 et 28 novembre.

Depuis les débuts de la conquête spatiale en 1957, l'activité humaine a entraîné la production dans l'espace d'un très grand nombre d'objets, a rappelé Walter Flury, de l'ESA (Agence spatiale européenne), au cours d'une rencontre préalable avec la presse cette semaine. L'origine de ces objets est diverse : satellites arrivés en fin de vie et qui restent en orbite autour de la Terre, objets mis en orbite en même temps que le satellite (dernier étage du lanceur, dispositifs de séparation, capots de protection) ou résidus d'explosions ayant eu lieu dans l'espace.

Ces débris se retrouvent sur les orbites les plus utilisées : orbite géostationnaire (à 36.000 km au-dessus de l'Equateur), sur laquelle sont placés la plupart des satellites de télécommunication, et orbites basses (moins de 2.000 km) utilisées pour les missions d'observation de la Terre et pour les vols habités. Quelques agences spatiales, dont la Nasa et le CNES (Centre national d'études spatiales), "ont développé des standards qui indiquent les règles à respecter pour la conception des lanceurs et des satellites afin de lutter contre la prolifération des débris".

Et un groupe de travail, impliquant des représentants des agences spatiales des pays européens et de l'ESA, a été mis en place pour développer un "standard" qui sera la règle commune en Europe. "Pour réduire la production de débris sur les orbites utiles, il est par exemple nécessaire d'appliquer des mesures en fin de vie opérationnelle des satellites et des lanceurs : transfert vers une orbite-cimetière ou retombée dans l'atmosphère, passivation pour éviter tout risque ultérieur d'explosion", selon Fernand Alby, responsable des activités débris spatiaux au CNES. Le respect de ces règles entraîne un surcoût non négligeable pour les opérateurs qui les appliquent : augmentation de la masse des véhicules (carburant nécessaire ou dispositifs supplémentaires), réduction des performances (diminution de la durée de vie opérationnelle par exemple), complexité des opérations associées.

Etant donné le contexte de concurrence dans lequel se développe aujourd'hui l'activité spatiale, il est indispensable que tous les acteurs du domaine appliquent les mêmes règles. Une coopération internationale est donc nécessaire pour définir les principes communs. Cette coopération a démarré entre les principales agences réunies au sein de l'IADC (Inter Agency Space Debris Coordination Committee) dont l'objectif principal est d'établir un consensus technique sur les mesures qu'il serait souhaitable d'appliquer.

Les résultats des travaux de l'IADC seront communiqués en février 2003 au COPUOS (Committee on Peaceful Uses of Outer Space) qui est le comité des Nations Unies en charge de l'espace, a rappelé pour sa part André Lebeau, ancien président du CNES, qui présidera le congrès de Toulouse.
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