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Lundi 25 Novembre 2002 à 00:00

Vivendi Universal va publier des résultats en baisse

Le groupe français de médias et communication Vivendi Universal (VU), sous la menace de prédateurs qui jouent ouvertement son démantèlement, doit publier mardi un résultat d'exploitation en baisse pour le troisième trimestre 2002.

Ce résultat (EBIT) serait compris entre 1,4 et 1,5 milliard d'euros, contre 1,7 md EUR un an plus tôt, selon le consensus des analystes, qui attendent aussi que le groupe "clarifie sa stratégie", cinq mois après le limogeage fracassant de son fondateur et ancien patron, Jean-Marie Messier. Le groupe a vu se rétrécir son périmètre depuis juillet à la suite de plusieurs cessions (télévision payante italienne Telepiu, pôle édition européen, portail internet Vizzavi, maison d'édition américaine Hougthon Mifflin etc..) engagées pour faire face à un endettement colossal (18 mds EUR pour la seule communication) et à une crise aigüe de trésorerie.

VU a aussi entamé son retrait de sa filiale de services collectifs Vivendi Environnement (VE), avec la mise en vente de la moitié de sa participation actuelle (40,8%). L'opérateur public d'électricité EDF, la Caisse de dépôts et consignations et d'autres institutionnels français (banques, sociétés d'assurance) doivent prendre le relais. Le nouveau Pdg de VU, Jean-René Fourtou, s'est engagé en septembre à céder pour 16 mds EUR d'actifs dans les 18 mois et à ramener la dette du groupe à 14 mds EUR au 31 décembre 2002.

Le groupe a dévoilé jeudi qu'il avait reçu du magnat américain du pétrole et de l'immobilier, Marvin Davis, ancien patron des studios Fox, une offre à 15 mds EUR, plus une reprise de dette de 5 mds EUR, pour le rachat de ses activités aux Etats-Unis dans le cinéma, la musique, la télévision et les loisirs. Après un premier contact, il a décliné l'offre en affirmant qu'elle n'était "pas à l'ordre du jour" sans cependant fermer les portes à une reprise des discussions. Marvin Davis a indiqué que les pourparlers pourraient reprendre au début de l'année prochaine. Sous Jean-Marie Messier, le groupe avait investi plus de 30 milliards de dollars pour constituer son pôle américain, dont la direction vient d'être confiée à Barry Diller, un ancien d'Hollywood.

Ce dernier serait le principal obstacle à une éventuelle vente à Martin Davis, selon la presse américaine. Barry Diller, qui avait cédé il y a un an à VU sa société de télévision câblée, USA Networks, pourrait, en cas de vente de celle-ci, réclamer au groupe français 2 mds USD de différés fiscaux. VU est en outre depuis plusieurs semaines sous la pression de l'opérateur britannique de télécommunications Vodafone, qui veut lui racheter pour 6,7 mds EUR ses 44% dans leur filiale de téléphonie, Cegetel. L'enjeu de ce bras de fer est la filiale de téléphonie mobile de Cegetel, SFR, une "cash machine" qui affiche une trésorerie annuelle de quelque 1,2 md EUR.

VU doit mettre sur la table au moins 4 mds EUR pour reprendre les parts d'un actionnaire minoritaire de Cegetel, Britsh Telecom, repousser les avances de Vodafone, s'assurer le contrôle majoritaire de sa filiale de téléphonie et faire remonter le précieux cash pour se donner de l'air. Il a jusqu'au 10 décembre pour se décider. Après le désengagement annoncé de VE, il a émis la semaine dernière des obligations remboursables en actions (ORA) pour 1 md EUR, une opération destinée à renforcer ses fonds propres, améliorer son profil financier et élargir ses marges de manoeuvre face aux banques.

Dans la foulée, il a demandé à ses banques de ramener de 3 à 1 md EUR la ligne de crédit, assortie de garanties draconiennes, qui lui avait été octroyée en septembre dans l'urgence à un taux élevé. Cependant, de toutes les actions de sauvetage engagées par Jean-René Fourtou, seules les propositions de cession ont réussi à faire remonter le titre, qui a perdu plus de 70% depuis janvier.

Selon plusieurs analystes, c'est le signe que le marché fait pression pour le démantèlement du groupe, même si le titre est remonté en flèche cette semaine grâce à l'offre de Marvin Davis pour terminer vendredi à 14,18 euros à la Bourse de Paris.
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