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Mardi 26 Novembre 2002 à 00:00

Vivendi Universal devant des choix stratégiques

Vivendi Universal (VU), qui sort enfin la tête de l'eau grâce à la vente de Vivendi Environnement (VE), doit arrêter sa stratégie sur VU Entertainment aux Etats-Unis et Cegetel dans la téléphonie, deux filiales très convoitées.

Confronté à une crise de trésorerie depuis juillet et harcelé par des prédateurs jouant ouvertement son démantèlement, VU a annoncé dimanche la vente de la moitié (20,4%) de sa participation dans le capital de VE (40,8%). Il engrangera dans l'immédiat 1,85 milliard euros qui lui seront utiles pour boucler ses échéances de fin d'année et accélérer son désendettement. Son désengagement total de sa filiale spécialisée dans l'eau, la propreté, l'énergie et les transports, prévu en 2004, devrait lui rapporter 4 mds EUR à terme.

Les acquéreurs de la première tranche (AGF, AXA, BNP Paribas, Caisses d'Epargne, Caisse des dépôts et consignations, Crédit Lyonnais, CIC, CNP, Dexia, Crédit Agricole, Groupama, Société Générale et EDF), ont souscrit des options d'achat pour l'autre moitié de la participation de VU. Les options devraient être exercées en 2004. Selon VU, la "dette nette comptable" du groupe sera ramenée à 14 milliards d'euros le 31 décembre, contre 18 mds EUR en septembre pour la seule communication. VU croulait il y a un an sous une dette de 37 mds EUR dans la communication et l'environnement réunis.

L'opération a été saluée par la Bourse de Paris, où l'action VU a enregistré une hausse de 3,74% à 14,71 euros dans un marché en baisse de 0,49% à 17H15. Le prix obtenu pour VE (22,50 EUR par action) est supérieur à celui qui était attendu par les opérateurs. A présent, le PDG de VU, Jean-René Fourtou se trouve devant un choix crucial. S'il le souhaite, VU peut utiliser la manne de VE pour mener une contre-offensive afin de garder sa filiale de téléphonie Cegetel mais aussi ses actifs américains de loisir et de télévision regoupés dans VU Entertainment (VUE), ainsi que la musique et les jeux électroniques.

Avec environ 7 mds EUR de cessions depuis juillet, l'émission pour 1 md EUR d'obligations convertibles en actions (ORA) et une ligne de crédits bancaires de 1 md EUR, le groupe dispose des moyens pour contrer Vodafone dans la téléphonie mobile. Mais les intentions réelles de M. Fourtou sur Cegetel restent inconnues. VU doit annoncer au plus tard le 10 décembre la stratégie qu'il entend suivre sur cette filiale, qui abrite SFR, une "machine à cash" générant quelque 1,2 md EUR de trésorerie par an. Actionnaire minoritaire de Cegetel, Vodafone souhaite s'emparer de cette pépite pour parachever par la France son réseau européen de téléphonie mobile.

Concernant les actifs américains, Jean-René Fourtou, avait indiqué en septembre qu'il s'orientait vers le recentrage de VU sur les loisirs et qu'il conserverait de ce fait VUE. Mais il doit triompher de la pression de ses actionnaires américains de plus en plus désireux de reprendre leurs billes et de solder leur "aventure" avec Jean-Marie Messier, ancien patron de VU, soulignent des analystes. Le chef de file de ces investisseurs favorables à la scission entre activités américaines et européennes n'est autre qu'Edgar Bronfmann Jr, dont la famille est l'actionnaire de référence de VU avec 5,5% du capital.

Le magnat du pétrole et de l'immobilier, Marvin Davis, ancien patron des studios de cinéma 20th Century Fox, propose de racheter les actifs américains de VU pour 15 mds EUR, plus une reprise de dette de 5 mds EUR. Son rival -non déclaré-, Barry Diller, vétéran du cinéma américain, qui préside VUE, se tient en embuscade. Selon la presse américaine, il voudrait fusionner les actifs américains de VU avec ceux de Liberty Media (LM), appartenant au magnat du câble américain John Malone, qui possède 3,4% de VU. S'en suivrait une introduction en bourse de l'ensemble.
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