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Mercredi 27 Novembre 2002 à 00:00

Ratage d'Astra: la Russie inquiète

Le ratage de la mise en orbite hier mardi du satellite européen de télécommunications Astra 1K -le deuxième pour Moscou en deux mois-, soulève des inquiétudes sur l'avenir de la coopération spatiale de la Russie avec ses partenaires étrangers.

Astra 1K, le plus gros satellite civil de télécommunications jamais construit au monde, a été éjecté "prématurément" de la fusée russe Proton-K lors de son lancement depuis le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) et n'a pas pu atteindre son orbite géostationnaire, à 36.000 kilomètres de la Terre. "Si nous ne découvrons pas au plus vite les raisons précises de l'échec, nous risquons de perdre la confiance de nos partenaires étrangers", a affirmé à l'AFP le porte-parole de l'Agence aérospatiale russe (Rosaviakosmos), Konstantin Kreïdenko.

Le 15 octobre, un autre lanceur russe, Soyouz-U, était retombé au sol peu après son décollage du cosmodrome militaire de Plessetsk, faisant un mort et huit blessés et détruisant un satellite scientifique russe Photon-M chargé de 650 kg de matériels destinés à des expériences internationales, dont 44 européennes. L'accident du Soyouz avait été provoqué par une défaillance dans un des moteurs du lanceur, survenue à cause d'un corps étranger dans une pompe de peroxyde d'hydrogène, selon les enquêteurs. L'échec de la mise en orbite d'Astra a été provoqué par une défaillance du quatrième étage du lanceur, le bloc DM-3, produit par le constructeur spatial russe RKK Energuia.

Un lanceur Proton muni du même bloc doit mettre sur orbite "fin janvier-début février 2003" un satellite de communications AMC-9 fabriqué par Alcatel Space, mais ce lancement "pourrait être remis en cause", a affirmé à l'AFP Olivier Colaitis, directeur de la stratégie et du marketing d'Alcatel Space. La société ILS (International launch services) qui commercialise le lanceur Proton, formée entre l'américain Lockheed-Martin et les russes Khrounitchev et RKK Energuia, a annoncé la mise en place d'une commission d'enquête. Les agences spatiales européenne (ESA) et américaine (Nasa) ont cependant essayé de rassurer leurs collègues russes.

"L'ESA va continuer la coopération très étroite avec la Russie", a indiqué à l'AFP le chef de la mission permanente de l'ESA en Russie, Alain Fournier-Sicre. "L'espace présente toujours un certain risque et nous ne sommes pas à l'abri des échecs", a-t-il ajouté. L'ESA prévoit de lancer en juin 2003 de Baïkonour une sonde Mars-Express vers la planète rouge, à l'aide d'une fusée russe Soyouz, et d'envoyer l'année prochaine deux astronautes européens sur la Station spatiale internationale (ISS) à bord de vaisseaux russes Soyouz, a rappelé Fournier-Sicre.

Les doutes concernant les lanceurs Soyouz survenus après l'accident de Plessetsk "ont été dissipés" après le lancement réussi d'une mission russo-belge sur l'ISS le 30 octobre, a relevé de son côté Sergueï Pouzanov, un porte-parole de la Nasa pour la Russie. M. Pouzanov a cependant refusé de commenter l'échec de la mise en orbite d'Astra, estimant qu'il était trop tôt pour formuler des conclusions, mais soulignant que "des défaillances techniques dans le domaine spatial arrivent à tous les pays".
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