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Dimanche 1 Décembre 2002 à 00:00

Report de la mission 157 d'Ariane: une frustration à la mesure de l'enjeu

La frustration ressentie à Kourou après le report in extremis du vol inaugural de l'Ariane 5 "10 tonnes", version "turbo" de la fusée, est à la mesure de l'enjeu que revêt cette mission pour l'avenir du lanceur européen.

Ce report ne remet toutefois pas en cause la mission, qui n'est retardée que de quelques jours, ont indiqué les responsables d'Arianespace. Une nouvelle date pour le lancement sera fixée "au début de la semaine prochaine, a précisé le directeur général de la société Jean-Yves Le Gall. Dans l'immédiat, les ingénieurs vont devoit déterminer pourquoi le lanceur est resté cloué au sol, après un compte à rebours normal. Selon M. Le Gall, l'anomalie qui a empêché l'allumage du moteur Vulcain est due à un problème de logiciel "lié au sol, et non au lanceur lui-même".

Le compte à rebours s'est déroulé normalement --7 minutes avant le décollage, la séquence synchronisée est entièrement prise en main par l'ordinateur-- mais au moment du départ, la fusée est restée immobile. La vidange de l'étage supérieur, qui prend environ 25 heures, se poursuivait vendredi. Puis le lanceur sera ramené au Bâtiment d'Assemblage Final pour être ausculté. Les deux passagers de la fusée, le satellite de télécommunication Hot Bird tm7 et le satetite d'expérimentation Stentor ont été "remis en condition de sécurité".

Le succès de cette mission, avec une Ariane 5 ECA capable d'emporter deux voire trois charges utiles, est crucial pour l'avenir d'Arianespace, au moment où la concurrence se fait particulièrement rude. Les Américains, après une parenthèse où la priorité a été accordée à la navette au détriment du marché de l'orbite géostationnaire, font en effet un retour en force sur le marché des lanceurs traditionnels. Ils se positionnent aujourd'hui sur la totalité du marché, et bénéficient d'une "sécurité" de taille: 70 % du carnet de commandes des lanceurs américains est rempli par des programmes gouvernementaux, contre 10% seulement pour Arianespace.

Dans la perspective d'un redémarrage du marché des satellites de télécom à l'horizon 2005-2006, après le marasme qui a suivi l'effondrement du secteur fin 2001, la période 2005/06 sera marquée par un renouvellement des satellites, mais aussi une concurrence frontale sans merci. Arianespace, qui a annoncé un plan de réorganisation dans l'espoir de "sortir du rouge" fin 2003, doit absolument tenir ses promesses au moment où les Américains viennent de marquer des points sur le marché des nouveaux lanceurs: la fusée Atlas 5 de Lockheed Martin a fait son premier vol le 21 août et la Delta-4 de Boeing le 16 novembre.

Une surcapacité de l'offre et une saturation du marché sont à craindre, alors même que le nombre de satellites privés est en stagnation: entre Arianespace et la "10 tonnes", ILS avec Atlas et Proton, Boeing avec Sea Launch et Delta 4, ce sont au moins cinq lanceurs lourds qui se présentent sur le marché des lancements commerciaux, sans compter les Japonais avec H-2A. Arianespace, qui va arrêter l'exploitation d'Ariane-4 en février 2003, a opté pour une politique de configuration unique et évolutive du lanceur Ariane 5.

Elle a fait le pari des lancements multiples (double voire triple), ce qui pour les clients représente une baisse sensible du prix du ticket de vol. Pour 2003, Arianespace a prévu trois lancements de la version ECA sur six tirs d'Ariane-5. En 2004, il devait y en avoir cinq sur sept, et à partir de 2005, tous les tirs doivent se faire avec l'ECA.
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