Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Facebook Télé Satellite & Numérique Twitter Télé Satellite & Numérique Newsletter Télé Satellite & Numérique
Mercredi 4 Décembre 2002 à 00:00

Virulente bataille autour de Gemplus

La guerre intestine pour le contrôle de Gemplus, leader mondial des cartes à puce, a redoublé mardi entre un fonds américain aux priorités nettement financières et les tenants d'une stratégie plus industrielle, sur fond d'inquiétudes concernant un plan social imminent.

Fondé en 1988 à Gémenos, près de Marseille, Gemplus a connu une croissance exceptionnelle dans les années 1990, avant de subir le contre-coup de l'effondrement du marché des télécoms à partir de 2000, date à laquelle le fonds d'investissement Texas Pacific Group (TPG) en est devenu l'actionnaire principal avec 26% du capital. Depuis, une véritable guerre de tranchée oppose TPG à un groupe hétéroclite d'actionnaires français, sur fond de rumeurs de transfert de la technologie de Gemplus (applications pour la téléphonie mobile, le cryptage des communications...) aux Etats-Unis.

Soucieux de faire connaître ses arguments dans l'Hexagone, le président de TPG David Bonderman a rencontré mardi plusieurs journalistes au siège de son conseiller en communication dans cette affaire, le groupe français Publicis. M. Bonderman a tenu à tordre le cou à cette idée, selon lui "ridicule", de pillage de la technologie française au profit de l'administration américaine. Cette technologie est "connue de tous", elle est "partagée par Oberthur, Schlumberger, G and D (Giesecke and Devrient) et six concurrents chinois", a-t-il relevé. Ce faisant, le président de TPG s'est félicité d'avoir investi 532 millions de dollars dans Gemplus --aujourd'hui sans dette et avec trésorerie positive de 401 millions d'euros au 30 septembre--, et a précisé la stratégie qu'il souhaitait pour l'entreprise.

"Gemplus est fondamentalement une entreprise de marketing", comparable à Fiat ou Mercedes Benz et pour laquelle comptent "la marque, la taille, le contrôle des coûts et des ventes importantes", a-t-il affirmé. M. Bonderman a par ailleurs expliqué être favorable à une modification du conseil d'administration de Gemplus. "Il faut un conseil d'administration qui fonctionne, de telle sorte que la direction puisse gérer l'entreprise, et ne se soucie pas de gérer le conseil d'administration", a-t-il déclaré.

L'actionnaire minoritaire Ziad Takieddine, dont l'actuelle direction de Gemplus souhaite le départ, a réagi en estimant qu'il s'agissait d'une curieuse conception des principes du gouvernement d'entreprise. "Il faut que cette société, pour prospérer, ait une plus grande transparence et plus de gouvernement d'entreprise", a-t-il déclaré. "Cette société doit impérativement avoir une stratégie industrielle, que David Bonderman n'a pas fournie depuis que TPG est arrivée dans le capital de Gemplus. Il n'a pas su comprendre la culture de l'entreprise, ni donner une vision. On ne peut pas accepter des gens qui veulent gérer la boîte comme des financiers", a-t-il ajouté.

David Bonderman s'est enfin refusé à livrer des informations sur le plan social en France que la direction devrait annoncer lundi prochain, précisant toutefois qu'"il n'y a pas de volonté de déplacer le coeur de la R et D (activité recherche et développement, ndlr) en dehors de La Ciotat". L'intersyndicale de Gemplus a fait part ce mardi de son inquiétude concernant ce plan social au ministère de l'Industrie, à Paris. Gemplus a déjà supprimé récemment 17% de ses effectifs, soit 1.200 emplois dont 416 en France. Il emploie 6.500 personnes dans le monde, dont 2.200 en France.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›