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Samedi 7 Décembre 2002 à 00:00

Les chaînes de télévision américaines sur le pied de guerre

Les chaînes de télévision américaines sont sur le pied de guerre et se préparent à déployer une armada de journalistes et de techniciens pour couvrir une éventuelle guerre en Irak.

Les préparatifs ont débuté cet été et s'intensifient au fur et à mesure que monte la tension entre Bagdad et Washington. "Nous avons fixé les endroits où nous voulons aller, les gens que nous voulons envoyer. Nous les entraînons aux méthodes de travail en milieu hostile, grâce au Pentagone mais aussi à des sociétés privées et nous déterminons de quel matériel nous allons avoir besoin", explique Marcy McGuiness, vice-présidente chargée de l'Information chez CBS. "Le dispositif comprendra une centaine de personnes envoyées outre-mer", ajoute-t-elle.

Face aux menaces d'emploi d'armes chimiques ou biologiques, toutes les chaînes interrogées par l'AFP (seule CNN a refusé de répondre) assurent avoir pris le maximum de précautions, en ayant par exemple déjà en stock des tenues NBC (nucléraire-biologique-chimique) pour leurs employés. "En cas d'attaque, ils mettent ces tenues et nous les évacuons", précise Mme McGuiness. "Cela a fait l'objet de réunions sans fin, depuis des mois", commente Paul Slavin, producteur exécutif de "World New Tonight", émission d'information-phare d'ABC. "Nous avons évoqué tous les scénarios possibles: grande guerre au sol, petite guerre au sol, emploi d'armes chimiques et biologiques. Nous avons couvert tous les angles possibles".

"Nous faisons tourner des équipes en Irak, pour les familiariser avec le terrain. Et nous avons des gens au Quatar, Koweit, Arabie Saoudite, Turquie, Iran, faisant la même chose", ajoute-t-il. Bill Wheatley, vice-président chargé de l'information sur NBC, indique: "Nous nous préparons à couvrir la guerre. Idéalement depuis Bagdad et depuis plusieurs endroits autour. Nous avons des équipes à Bagdad. Nous avons dit aux Irakiens que nous voulions y être, mais cela dépendra d'eux. Ils n'ont pas dit non". La perspective d'avoir à engager de très grosses dépenses n'entre pas en ligne de compte, assurent-ils tous. "Cela va être une grosse opération, mais nous avons un métier, et c'est l'information", affirme John Stack, vice-directeur de l'information de la chaîne câblée Fox News.

"C'est une obligation. C'est un gros investissement, mais c'est ce que nous devons faire". Lui aussi estime à une centaine le nombre d'employés que sa chaîne mobilisera le cas échéant. Personne ne s'avance à estimer les risques que pourraient courir les envoyés spéciaux, et chacun assure que tout est fait pour les minimiser. Un prestigieux vétéran de la guerre du Golfe, pourtant, estime qu'ils pourraient être grands. Robert Wiener était à la tête de l'équipe de CNN qui est entrée dans l'histoire de l'information en étant la seule, dans la nuit du 17 janvier 1991, à annoncer en direct le déclenchement de la campagne de bombardements aériens américains sur Bagdad. "Cela va être beaucoup plus dangereux cette fois", estime-t-il.

"Les Irakiens nous avaient laissé rester à Bagdad parce que c'était dans leur intérêt. Mais cette fois, le régime sachant que l'intention des Américains est de le renverser, je ne pense pas qu'ils vont accueillir la presse". "Je pense même qu'il y a de bonnes chances que des journalistes soient pris en otages. Et bien sûr, le gouvernement irakien va vouloir contrôler l'histoire, faire pression pour que la presse américaine ne reste pas à Bagdad ou au moins employer leurs équipements électroniques pour brouiller téléphones et satellites".

"Cela sera différent, beaucoup plus difficile. Mais je pense qu'il y aura toujours un journaliste courageux, peut-être un photographe indépendant français, pour se planquer dans une annexe de l'ambassade de France ou du Pakistan. L'information ne sera pas transmise immédiatement, mais ces images sortiront".
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