Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Facebook Télé Satellite & Numérique Twitter Télé Satellite & Numérique Newsletter Télé Satellite & Numérique
Mercredi 11 Décembre 2002 à 00:00

La TV publique dans la Constitution

Il faut "sacraliser" la télévision publique et pour ce faire, la philosophe et romancière Catherine Clément suggère dans un rapport au gouvernement une mesure radicale: l'inscrire dans le préambule de la Constitution.

La télévision publique doit être élevée "au même rang, à la même dignité que l'Education nationale", proclame-t-elle dans ce texte sur l'offre culturelle de France Télévisions (France 2, France 3 et France 5) remis mardi au ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon. "Comme l'enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés, le service public de l'audiovisuel (radio et télévision) est un devoir de l'Etat", fait valoir Catherine Clément qui relève que les Français passent en moyenne trois heures par jour devant le petit écran.

Dans une première réaction "à brûle-pourpoint", M. Aillagon a souligné que "toucher à la Constitution" était "un exercice très complexe, un peu l'arme atomique". C'est "un recours de dernière urgence quand le fonctionnement même des pouvoirs publics est entravé", a-t-il observé. "Je préfère qu'on étudie tous les moyens de parvenir aux mêmes conclusions sans recourir à une procédure aussi exceptionnelle", a enchaîné le ministre, interrogé par l'AFP. Les conclusions de ce rapport, a-t-il précisé, seront tirées avec le président de France Télévisions, Marc Tessier, "avant la fin janvier".

Il s'agit du second rapport sur l'audiovisuel remis à Jean-Jacques Aillagon après celui de Blandine Kriegel sur la violence à la télévision. Très littéraire, parfois pamphlétaire et peu chiffré, le rapport Clément, bouclé dans les délais impartis de six mois, est intitulé "La nuit et l'été". Ce sont, explique son auteur, les créneaux concédés aux programmes culturels sur France 2 et France 3. Catherine Clément s'autorise quelques figures de style. Elle recourt au "on" impersonnel pour présenter ses propositions, à un contradicteur anonyme et fustige le "populisme" d'un directeur adjoint des programmes de France 3 ou les "présupposés" d'un ethnologue consultant de France Télévisions.

Le service public est désigné par la métaphore de l'oursin, "exquis à l'intérieur, une fois brisée la carapace". Parmi les autres propositions phare de son rapport figure la présence obligatoire et "quelle que soit l'actualité" d'une page culturelle dans chaque journal télévisé. L'auteur évoque également la contrainte budgétaire. France Télévisions n'a pas assez d'argent", dit-elle. Sur ce point il reste selon elle au ministre de la Culture et de la Communication "un moyen magnifique: la harangue".

Elle en appelle ainsi au président de la République dans les deux dernières lignes de son rapport: "Il faut sortir de l'impasse par le haut; et pour ce qui est du haut, je ne vois que vous, monsieur le Président". Le rapport est disponible sur internet à l'adresse: (www.culture.gouv.fr/culture/actualites/index.htm)
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›