Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Mercredi 28 Septembre 2005 à 00:00

La navette spatiale était une erreur, l'ISS aussi, dit le patron de la Nasa

Le patron de la Nasa a eu des mots très durs pour la navette spatiale et la Station spatiale internationale (ISS) qu'il voit comme de coûteuses erreurs stratégiques dans un entretien publié mercredi, semant le doute sur la volonté américaine de faire revoler la navette.

Interrogé par le quotidien USA Today pour savoir si la décision de la Nasa de construire la navette dans les années 70 pour succéder au programme Apollo avait été une erreur, Michael Griffin a répondu : "A mon avis c'en était une. Sa conception était extrêmement osée et à la limite du possible." "Ce n'était pas la bonne voie, c'est désormais largement reconnu", a poursuivi le patron de la Nasa qui n'a pas été plus tendre pour l'ISS. "Si j'avais eu à prendre la décision, je n'aurais pas construit la station spatiale sur l'orbite où nous la construisons."

La navette, qui vole depuis 1981, a connu deux accidents majeurs, en 1986 avec l'explosion de Challenger et en 2003 avec la désintégration de Columbia, coûtant la vie à 14 astronautes. La Nasa a également frôlé la catastrophe durant une dizaine d'autres vols. Tirant les conclusions du vieillissement de la navette, le président George W. Bush a décidé de cesser ses vols en 2010. L'accident de Columbia a suspendu les vols pendant deux ans et demi. Les nombreux problèmes rencontrés pour remettre la navette en service durant l'été 2005 avec le vol de Discovery ont donné des arguments aux partisans d'un abandon pur et simple de l'orbiteur, au bénéfice d'un véhicule de remplacement, dont le design a été annoncé à la mi-septembre par la Nasa.

Ce véhicule d'exploration avec équipage (CEV), dont les moteurs et le réservoir externes seront dérivés de la navette, doit voler à partir de 2012 mais pourrait être prêt plus tôt si la Nasa renonçait à lancer la navette et mettait les bouchées doubles sur son remplaçant. Pour l'instant, le patron de la Nasa s'en tient au plan d'origine. Il a estimé la semaine dernière que la navette pourrait revoler à partir de mai 2006 pour 17 missions vers l'ISS et une autre pour l'entretien du télescope spatial Hubble d'ici à 2010. Mais "bien entendu, si d'autres problèmes surviennent, nous réévaluerons les choses", a-t-il dit dans un entretien au Washington Post le 22 septembre.

M. Griffin n'a pas caché qu'avec le passage du cyclone Katrina, la navette avait été sauvée de justesse par le dévouement du personnel de la Nasa dans ses installations de Louisiane et du Mississippi, où sont construits les moteurs et le réservoir externe de la navette. Sans le travail de l'équipe sur place, la navette n'aurait peut-être "jamais plus volé", avait confié M. Griffin. Cette perspective, qui priverait les Etats-Unis d'un accès à l'espace pendant plusieurs années et les forceraient à s'en remettre aux Russes pour ravitailler l'ISS, est de plus en plus ouvertement évoquée au Congrès, qui détient les cordons de la bourse et approuve chaque année un budget de plus de 16 milliards de dollars pour la Nasa.

La décision d'écourter la vie de la navette en reviendrait à la Maison Blanche. Le patron de la Nasa notait aussi la semaine dernière que "si nous voulons tenir nos engagements" auprès des partenaires internationaux de l'ISS et "si nous sommes incapables de finir (la construction de la Station) avec la navette, alors on utilisera le nouveau système, tout cela est une affaire de gros sous."

A plus long terme, l'objectif de la Nasa est d'envoyer quatre astronautes sur la Lune avant 2018 pour y établir une base, préalable à des explorations plus lointaines.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de concession de service public
Centre hospitalier de Douai
Concession de services publics : Fourniture et exploitation de services multimédias dédiés aux patients du Centre hospitalier de Douai et aux résidents de l'EHPAD Marceline Desbordes Valmore.
» Voir l'avis de concession de service public