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Mercredi 9 Novembre 2005 à 00:00

Beur FM et Beur TV se mobilisent sur le problème des banlieues

Bénéficiant d'une forte audience auprès des jeunes de banlieue issus de l'immigration, la radio et la télévision Beur FM et Beur TV se sont mobilisées pour tenter d'apaiser l'embrasement des banlieues.

"Nous avons un rôle pédagogique énorme", assure Nacer Kettane, président de ces deux médias. Mardi, 14H30. A l'antenne de Beur FM, Fodé Sylla, fondateur de SOS Racisme et membre du Conseil économique et social, intervient en direct dans une émission spéciale. "Que dites-vous aux jeunes", lui demande l'animateur. "Je leur dit que l'histoire de l'immigration n'a jamais été facile, qu'il y a aujourd'hui des exclusions dont je suis conscient. Mais on peut demander justice dans un Etat dans le calme et la sérénité".

Plus tard le même jour, un débat est prévu avec notamment Faycal Douhane, membre du Conseil national du Parti socialiste (PS), Akli Mellouli, conseiller municipal (PS) de Bonneuil-sur-Marne et Abdel Malik, chanteur des NAP, auteur de la chanson "Qu'Allah bénisse la France". Nacer Kettane ne cache pas sa volonté de s'engager dans la crise qui bouleverse les banlieues. Pour lui, l'instauration d'un couvre-feu est une mauvaise réponse à la violence des jeunes, une réponse "militaire", qui "traduit la faiblesse du pouvoir".

Il semble en accord avec ses auditeurs. "Je m'attendais à autre chose. Ca ne changera pas la vie des gens de banlieue", écrit l'un d'eux sur le forum Internet de la radio. "Si on sort le soir, risque-t-on de se manger une balle", demande un autre. Assurant qu'il reçoit des milliers de messages depuis le début de la crise, Nacer Kettane dénonce la fatwa de certaines autorités islamiques contre les émeutiers, car il n'appartient pas, selon lui, aux autorités religieuses de donner des consignes d'ordre. Il revendique le caractère "laïque" de ses médias. Pour lui, le problème numéro un est celui de l'intégration.

La priorité, ajoute-t-il, est de donner à ces jeunes une "identité économique", c'est-à-dire un emploi. Depuis dix ans, Beur FM diffuse quotidiennement, de 11H00 à midi, l'émission "Petites annonces", avec une fois par semaine une émission sur l'emploi à laquelle participent des entrepreneurs d'origine maghrébine. Le ton est différent à Radio Orient, qui dispute à Beur FM la place de première radio communautaire maghrébine en région parisienne (environ 1% d'audience à Paris-Ile-de-France pour les deux réseaux).

Le public de Radio Orient, dont 70% des programmes sont en langue arabe, n'est pas identique à celui de Beur FM, qui vise la cible des 15-35 ans, dont beaucoup ignorent la langue de leurs ancêtres. Selon l'écrivain libanais Hoda Barakat, directrice de l'information de la radio, il ne s'agit pas "d'imposer un point de vue". "Nous ne sommes pas une radio militante, ajoute-t-elle. La véritable mission de cette radio est avant tout d'informer. Ainsi la moitié du chemin est fait".

A l'inverse de Beur FM, l'antenne de Radio Orient est rarement ouverte aux auditeurs. Pour cette radio, qui était au départ la radio des Musulmans de France, il ne s'agit pas de se faire l'écho des autorités religieuses, "tant que les Musulmans ne sont pas vraiment impliqués en tant que tels". "Nous ne pensons qu'il soit nécessaire de bouleverser nos programmes, précise Hoda Barakat. Mais nous essayons de leur donner une orientation différente. On fait attention d'inviter les gens capables d'émettre des points de vue éclairants".
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