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Mercredi 23 Novembre 2005 à 00:00

Vincent Bolloré veut entrer dans la cour des grands mais sans hâte

L'homme d'affaires Vincent Bolloré, en investissant massivement dans les groupes de communication français Havas et britannique Aegis, confirme son ambition de se constituer un pôle médias, même si pour l'instant il avance à petits pas.

Le groupe Bolloré a investi au total un milliard d'euros dans le secteur, dont près de 90% dans la publicité où il est désormais présent à hauteur de 23,8% dans Havas et 24,99% dans Aegis. Pour le reste, il détient 10% du groupe cinématographique Gaumont, 75% du numéro un de la diffusion vidéo sur le net Streampower, 30% de la société de production SFP, 24% d'Euro Média, le prestataire technique audiovisuel VCF. Il possède également l'une des chaînes de télévision de la TNT, Direct 8, dans laquelle il compte investir 30 millions d'euros par an, et une petite radio: la Radio des nouveaux talents. Rien d'exceptionnel et surtout pas de quoi rivaliser avec un Lagardère, un Canal+ ou un Vivendi Universal, son objectif non dissimulé.

Mais c'est un début, surtout dans un contexte où il n'y a pas grand chose à acheter, soulignent différentes sources. "Il rachète tout ce qu'il peut pour commencer à exister. Le secteur des médias est assez verrouillé, donc pour y entrer, il doit prendre tout ce qui traîne quitte à revendre ensuite", selon le secrétaire général de la CFDT-médias, Jacques Ricau. Selon lui, "on assiste à un niveau plus prudent et plus petit à une opération style Messier (Jean-Marie, ex-PDG de Vivendi Universal, ndlr)". M. Bolloré veut aller lentement, souligne son entourage. "On a le temps. Le temps joue pour le groupe", déclare Axel Brückner, directeur à la division médias du groupe. Toutefois, pour un analyste qui refuse d'être nommé, si M. Bolloré veut réellement aller concurrencer les grands du secteur, il va devoir se montrer moins prudent et mettre davantage la main à la poche.

"S'il y a régulièrement des groupes de radio à vendre, la télévision c'est plus concentré et plus cher. Or il ne peut pas créer un groupe plus gros que Lagardère ou Canal+ en interne. Il faut les moyens financiers pour faire des achats". Pour certains, le pôle construit par M. Bolloré manque de cohérence. Pierre Bucaille, analyste chez Fideuram Wargny, juge ainsi qu'il n'y a pas de synergies à tirer entre la télévision, le cinéma et la publicité, et ce d'autant qu'il n'y a pas de publicité sur Direct 8. "Cela paraît décousu mais Vivendi a fait la même chose", rétorque M. Ricau, qui juge qu'au contraire le groupe Bolloré "commence à avoir tous les bouts de la chaîne". Le groupe a d'ailleurs annoncé lundi la création d'une régie publicitaire, Régie 8, dirigée par M. Brückner, et l'arrivée des premiers spots publicitaires au premier trimestre 2006 sur l'antenne de Direct 8, qui réfléchit déjà au moyen de tirer profit des liens avec Havas.

L'intérêt pour les médias de M. Bolloré - qui avait voulu entrer au capital du quotidien Libération en 2004 avant d'être évincé par Edouard de Rotschild - serait né au milieu des années 1990, quand il a pressenti que le XXIe siècle serait celui de "la communication", dit M. Brückner. Pour un proche du dossier, M. Bolloré, à la tête d'un groupe industriel diversifié, a été contaminé par le "syndrome de l'industrie française", invariablement attirée par "les paillettes des médias", qui restent "des pôles d'influence et de pouvoir forts". Un analyste avance une explication d'ordre familial: M. Bolloré "configure son groupe pour plaire à ses enfants" afin qu'ils prennent sa relève en 2022. Or deux d'entre eux travaillent déjà dans les médias.
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