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Mercredi 28 Décembre 2005 à 00:00

Navigation par satellite: le projet Galileo décolle enfin

Le projet Galileo de navigation par satellite, qui doit affranchir l'Europe de sa dépendance vis-à-vis du GPS américain, a pris mercredi un tour concret, avec la mise en orbite réussie d'un premier satellite chargé de tester les technologies prévues pour le futur système.

"Nous avons un satellite qui marche", a indiqué le chef du projet Galileo à l'Esa, Javier Benedicto, interrogé par téléphone par l'AFP depuis le centre spatial russe de Baïkonour (Kazakhstan). Il a été placé sur l'orbite prévue à 23.000 kilomètres d'altitude par une fusée russe Soyouz. Giove A, un gros cube de 602 kilogrammes fabriqué par la société britannique SSTL, va servir pendant deux ans à faire des essais dans l'espace sur plusieurs technologies nouvelles, dont l'horloge atomique la plus exacte jamais envoyée dans l'espace. C'était aussi la première fois que l'Agence spatiale européenne (Esa), qui copilote la phase initiale du projet Galileo avec l'Union européenne, envoyait un satellite sur une orbite moyenne. Ce positionnement garantit une grande stabilité au satellite, mais l'environnement radio-électrique y est mal connu.

Le succès du lancement de Giove A était une condition indispensable pour pérenniser les droits des Européens sur les fréquences qui leurs ont été attribuées par l'Union internationale des télécommunications (UIT). C'est aussi une bouffée d'oxygène pour les promoteurs d'un projet à la génèse particulièrement laborieuse. Alors que les premières réflexions sur la nécessité de mettre en place une alternative au GPS américain remontent au début des années 90, il faudra attendre 2010 - un retard de deux ans sur le calendrier initial - pour voir l'entrée en service commercial de Galileo. Il a fallu entre-temps - non sans mal - déterminer la répartition de l'effort financier et les retombées industrielles du projet, choisir l'opérateur et sélectionner son siège. Reste à finaliser le contrat de concession, qui précisera le montant des subventions versées. Cela devait être fait fin 2005. La décision ne devrait finalement intervenir que courant 2006.

Moyennant un investissement de 3,8 milliards d'euros, Galileo doit permettre à l'Europe d'acquérir son indépendance dans un domaine stratégique, devenu indispensable pour la gestion du trafic aérien, maritime et automobile. Cette technologie donnera la possibilité à un gestionnaire de connaître à tout moment la position d'un camion ou d'un train, à un navire de suivre son cap et à un automobiliste de trouver son chemin dans une ville inconnue. Grâce à Galileo et au GPS - les deux systèmes seront compatibles - on pourra également retrouver un conteneur perdu, repérer une voiture volée, évaluer le temps restant avant le passage d'un bus, suivre les déplacements d'un délinquant porteur d'un bracelet électronique ou secourir un randonneur perdu.

Preuve de l'importance de l'enjeu: la Russie vient de relancer son projet de satellites de navigation Glonass, abandonné ces dernières années. Elle a lancé dimanche trois nouveaux satellites, portant le nombre d'engins déployés à 17. Le président Vladimir Poutine a demandé au gouvernement d'accélérer les choses pour avoir un système fonctionnel "avant 2008". Pour l'Agence spatiale européenne (Esa), le nombre d'utilisateurs de Galileo pourrait atteindre 1,8 milliard en 2010 et 3,6 milliards en 2020. A cette échéance, le marché mondial devrait représenter plus de 250 mds EUR. La mise en orbite réussie de Giove A conclut par ailleurs "une très belle année" pour les lanceurs européens, a estimé mercredi Jean-Yves Le Gall, directeur général d'Arianespace et de Starsem, la société russo-européenne en charge de la commercialisation des fusées Soyouz.

Arianespace/Starsem ont placé en 2005, 11 satellites en orbite, sans le moindre échec. "C'est plus que tous nos concurrents réunis", a commenté M. Le Gall.
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