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Mardi 17 Janvier 2006 à 00:00

Un second système de transport spatial indispensable pour l'Europe

Deux systèmes de transport spatial seront indispensables à l'avenir pour la construction de tout grand projet spatial international tel que l'ISS, estime le directeur général de l'Agence spatiale européenne (Esa), Jean-Jacques Dordain.

"Nous avons appris une leçon avec la Station spatiale internationale (ISS)", a expliqué M. Dordain, faisant allusion au retard de construction subi par la station en raison de l'arrêt des vols de la navette spatiale américaine pendant de longs mois après l'accident de Columbia. Cette navette étant la seule à pouvoir effectuer des transports importants de matériels sur l'ISS. "Il ne s'agit pas d'une défaite de la coopération mais cela montre que l'on ne peut pas faire reposer une construction sur un seul lanceur", a-t-il affirmé avec conviction en présentant lundi les prochaines étapes européennes pour l'ISS.

Cette année, le laboratoire spatial européen Columbus doit être transféré de Brême (Allemagne) en Floride, au centre Kennedy, avant son envoi vers la station à une date indéterminée. Le transport de Columbus vers l'ISS ne peut être effectué que par une navette américaine, seul véhicule capable de convoyer une telle masse. Avec 18 lancements de navette prévus par la Nasa, "nous sommes dans un scénario qui nous permet d'être confiants sur le fait que Columbus sera lancé et utilisé", a estimé M. Dordain. Mais en réalité, rien ne permet d'affirmer que la Nasa continuera à faire voler ses navettes si le prochain vol fait apparaître que les problèmes de revêtement du réservoir principal ne sont pas réglés et continuent donc à mettre en danger la vie des astronautes.

"Nous n'avons aucune hésitation à coopérer avec les Américains", mais "autant nous sommes un partenaire fiable, autant nous ne sommes pas un partenaire aveugle", a assuré M. Dordain en soulignant que l'Esa avait engagé une réflexion sur les risques, dont ceux "liés à la coopération internationale". L'Europe dispose d'un lanceur, Ariane, mais pas de système de transport de type navette capable de transporter des charges importantes pour la construction d'un grand projet tel que l'ISS. "Je ne pense pas que dans les 5 ans qui viennent nous aurons la possibilité d'en réaliser un", a noté le responsable de l'Esa.

Pour lui, l'Europe "a intérêt à être partie prenante d'un système de transport piloté par un de nos partenaires, Etats-Unis ou Russie". La Nasa réfléchit au successeur de la navette, qui ne volera plus après 2010. La Russie prépare quant à elle une navette spatiale, Clipper, pour remplacer les vaisseaux habités Soyouz qui assurent la relève des équipages de l'ISS. Son premier vol est prévu en 2012 et le projet pourrait coûter près d'un milliard de dollars. Les ministres chargés de l'espace des 17 pays membres de l'Esa, réunis à Berlin en décembre, n'ont pas soutenu le projet Clipper. Face aux atermoiements de l'Europe, la Russie serait prête à la développer avec la Chine, selon le chef de l'Agence spatiale russe Anatoli Perminov.

Lors d'une récente visite à Moscou, M. Dordain avait déclaré qu'il ferait "tous les efforts nécessaires pour assurer une large participation des Etats-membres" de l'Esa dans le projet Clipper. Il avait précisé qu'il insisterait pour que le projet soit approuvé avant juin par l'Esa.
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