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Mardi 7 Mars 2006 à 00:00

Diversité: la nomination d'un présentateur TV noir ne règle pas tout

L'annonce de la nomination d'un journaliste noir, Harry Roselmack, pour présenter le journal de 20H00 sur TF1 pendant les vacances d'été de Patrick Poivre d'Arvor est un signe encourageant, mais la question de la représentation des minorités sur le petit écran n'est pas réglée pour autant.

"L'arrivée au 20H00, c'est quelque chose de fort, qui se veut un signe. Mais ce n'est pas un aboutissement. Il ne faut pas croire qu'avec ça on a résolu les problèmes", a déclaré mardi sur l'antenne d'Europe 1 le vice-président de TF1 Etienne Mougeotte. Le Club Averroès, qui réunit des professionnels des médias et fait campagne pour la diversité dans les médias, est satisfait. Mais, souligne son président Amirouche Laïdi, "ce sera une victoire quand on ne verra plus le Noir, mais le journaliste".

Depuis 2001, les conventions que les chaînes privées signent avec le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) demandent aux éditeurs de "prendre en considération, dans la représentation à l'antenne, la diversité des origines et des cultures de la communauté nationale". "L'évolution va dans le bon sens", note le président du CSA Dominique Baudis. Mais il reste, selon lui, "encore trop d'écart entre la réalité de la société française et sa représentation à l'antenne". Le 22 novembre 2005, lors des émeutes dans les banlieues, le président Jacques Chirac recevait les patrons de chaînes publiques et privées pour les inviter à faire un effort en faveur de la représentation de la diversité ethnique du pays sur les écrans.

Organisé par le club Averroès, un récent colloque a souligné le retard de la télévision française sur la télévision britannique. Selon Quentin Peel, rédacteur en chef du Financial Times, "au moins 10% des journalistes ne sont pas blancs à la BBC et dans les télévisions commerciales" et la BBC "a dépensé beaucoup d'argent pour la formation et le recrutement de journalistes de couleur, noirs, indiens ou pakistanais". Zeinab Badawi, d'origine pakistanaise, présentatrice vedette du journal télévisé de BBC Four, insiste sur le danger d'utiliser le présentateur de couleur comme alibi.

A France Télévisions, un "plan d'action positive pour l'intégration" (P.A.P.I.) a été lancé dès janvier 2004 et France ô, destinée aux communautés d'outre-mer de métropole, se présente comme la "chaîne de la diversité". Mais la Confédération de syndicats autonomes (CSA, regroupant neuf syndicats des régions françaises de l'outre-mer) dénonce "l'esprit colonial" qui anime les dirigeants du groupe. "Les Français issus d'ailleurs ont un P.A.P.I. mais restent toujours victimes de fortes inégalités au sein du groupe", écrit ce syndicat. Emblème de la diversité pour le service public, le journaliste de France 2 Rachid Arhab, d'origine maghrébine, estime qu'il est "peut-être sous-exposé" aujourd'hui après avoir présenté le journal télévisé.

"Il y a une certaine frilosité de la part des directions de France Télévisions", indique-t-il à l'AFP, même si le temps est révolu où un directeur du personnel lui demandait d'envisager de prendre un pseudonyme pour intégrer la rédaction de France 3. Interrogé par l'AFP, le Réunionnais Sébastien Folin, présentateur de l'émission Vidéo Gag et de la météo, pense qu'il a "profité d'une situation où la communauté télévisuelle était très pâle" lorsqu'il a été embauché à TF1 il y a cinq ans. Mais, ajoute-t-il, "ce n'est pas juste en colorisant la télé que l'on règlera le problème".
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