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Vendredi 12 Mai 2006 à 00:00

Lapix, Roselmack, Ferrari: une nouvelle génération aux manettes de l'info

Anne-Sophie Lapix et Harry Roselmack arrivent sur TF1, Laurence Ferrari part chez Canal+: le jeu des chaises musicales entre les chaînes de télévision bat son plein, mais, audience oblige, cette génération de jeunes présentateurs des journaux télévisés ne détonne pas radicalement de la précédente, selon les experts.

TF1 a annoncé officiellement jeudi qu'Anne-Sophie Lapix, 34 ans, quittait M6 pour rejoindre la première chaîne hertzienne à compter de septembre 2006. Elle y présentera notamment les journaux télévisés du week-end lors des congés de Claire Chazal, 49 ans. Elle remplace à ce poste Laurence Ferrari, 39 ans, qui passe chez Canal+, où elle présentera le dimanche le nouveau magazine politique de la chaîne cryptée. Harry Roselmack, 33 ans, fait lui aussi partie des nouveaux venus aux manettes d'un grand journal télévisé. Ce jeune journaliste remplacera Patrick Poivre d'Arvor, 58 ans, au journal de 20H00 lors de ses congés.

Ces changements "sont effectivement la préparation d'un rajeunissement car les présentateurs ne sont pas éternels", souligne François Jost, professeur à l'université de Paris III en sciences de l'information et de la communication. Selon lui, il s'agit également d'un signe en direction d'"un public plus jeune". Les chaînes profitent de ce renouvellement en "réajustant quelques variables sociologiques, c'est-à-dire qu'elles prennent quelqu'un d'une minorité visible (NDLR: Harry Roselmack est d'origine martiniquaise) et plus de femmes", ajoute M. Jost. "Mais je ne vois aucune différence dans le ton".

Selon ce professeur, auteur du livre "Comprendre la télévision", cette jeune génération est "même plus formatée encore qu'avant" car ils sont tous passés par les mêmes écoles de journalisme, et leur ton lui-même est très standardisé. Ces journalistes sont par ailleurs souvent passés par la case LCI, la chaîne d'information en continu de TF1, dont les présentateurs, à ses débuts, étaient surnommés dans la presse les "Ken et Barbie". Hélène Risser, journaliste et auteur du livre "L'Audimat à mort", estime elle aussi que ces arrivées "ne marquent pas une rupture fondamentale".

Elle s'interroge par ailleurs sur la jeunesse et l'inexpérience relative de ces promus. A part Laurence Ferrari, qui a "de la bouteille", les jeunes "promus" ont tous moins de 35 ans. "En période électorale, ces journalistes vont-ils avoir les épaules assez solides pour poser des questions embarrassantes?", se demande Hélène Risser. Il avait même été question que Mélissa Theuriau, 27 ans seulement, remplace Claire Chazal lors des vacances, mais la jeune femme a refusé. De toute façon, "on a toujours des visages assez lisses" chez les présentateurs, qu'ils soient jeunes ou moins jeunes, note François Jost. "Quand on vise des parts de marché, on fait le plus lisse possible".

Une tendance renforcée en période de campagne électorale, selon Hélène Risser. Et de rappeler l'épisode Claude Serillon chez France 2: "Serillon a été viré" de France 2 "pour des raisons d'audience, mais aussi parce que son interview de Jospin +n'était pas passée+". Claude Serillon avait réalisé en septembre 2000 une interview sans concession du Premier ministre de l'époque Lionel Jospin. Jospin avait alors refusé de revenir sur France 2 et Serillon avait été débarqué quelques mois plus tard.
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