Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Mercredi 7 Juin 2006 à 00:00

NHK, le "mammouth" de l'audiovisuel public japonais, se bat pour sa survie

Confrontée à une série de scandales et à une chute de revenus, la radio-télévision publique japonaise NHK traverse la plus grave crise de son histoire, qui a provoqué l'ouverture d'un débat national sur l'avenir de l'un des plus grands groupes audiovisuels du monde.

Depuis des mois, l'unique groupe audiovisuel public japonais doit faire face à une fronde sans précédent de la part de téléspectateurs qui refusent de payer la redevance, principale source de financement de la NHK (96% de son budget). Cette révolte survient à la suite d'une série de scandales de détournement de redevances, de fausses factures et de notes de frais truquées, mettant en cause des directeurs et fournisseurs de la chaîne. La Nippon Hoso Kyokai (NHK) a également été accusée d'avoir "censuré", sous la pression politique, une émission sur les esclaves sexuelles de l'armée impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.

En conséquence, plus d'un million de Japonais refusent de s'acquitter de cette redevance, fixée à quelque 15.000 yens (106,5 euros) par an pour un téléviseur couleur. Non réprimée par la loi, la fronde des téléspectateurs a fait chuter le montant total des recettes de redevance perçues par la NHK de 641 milliards de yens en 2004/2005 à 596 milliards en 2005/2006 (4,26 milliards de yens). Le nouveau président de la NHK, Genichi Hashimoto, admet qu'une gestion défectueuse du groupe est à l'origine des détournements de fonds et des autres fraudes. "Une fois que de tels scandales éclatent, la confiance est ébranlée", a reconnu M. Hashimoto dans un entretien avec l'AFP.

Egalement président de l'Union audiovisuelle de l'Asie-Pacifique (ABU), M. Hashimoto a succédé en janvier dernier à Katsuji Ebisawa, qui a dû démissionner pour assumer la responsabilité des "affaires" qui ont plombé ce "mammouth" de l'audiovisuel. "Dans la longue histoire du système de redevance des téléspectateurs, certains de nos employés ont manifesté arrogance et irresponsabilité, et nous avons manqué de respect vis-à-vis de l'argent public", a poursuivi le PDG du groupe. Pour Takaaki Hattori, spécialiste des médias nippons, "la NHK a négligé sa réforme interne, oublié les téléspectateurs et s'est montée la tête" alors même que le public "continuait à s'acquitter fidèlement de la taxe audiovisuelle comme d'une offrande".

"La NHK paie donc le prix de son indolence", tranche l'universitaire. Au delà des scandales, la NHK doit aussi faire face à un paysage médiatique en plein bouleversement, en raison notamment de l'apparition des services internet multimédias, qui l'a contraint à une restructuration draconienne pour réduire ses coûts. Fin janvier, le groupe annonçait la suppression sur trois ans de 1.200 emplois (10% de ses effectifs), soit le plus vaste plan social de la NHK depuis sa création en 1926. Le groupe audiovisuel espère ainsi réaliser une économie de 11 milliards de yens (78,6 millions d'euros) sur trois ans.

Soucieux de préserver ce "monument" emblématique, conçu sur le modèle de la BBC et réputé pour ses programmes de haute qualité, le gouvernement japonais entend de son côté procéder à un sévère tour de vis. Les autorités ont mis en place un comité chargé d'élaborer un nouveau projet de restructuration, qui a déjà recommandé de supprimer trois des huit chaînes de télévision du groupe (deux chaîne hertziennes, trois chaînes satellite, et trois chaînes radiophoniques). Mais pour le professeur Hattori, ces mesures "insuffisantes" ne résoudront pas le problème de fond du financement de la NHK, dans un Japon vieillissant où le nombre de foyers fiscaux est en recul.

La NHK est opposée à l'introduction de sanctions contre les mauvais payeurs qui pourrait la priver d'une audience déjà naturellement attirée par les chaînes de télévision privées, plus grand public.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de concession de service public
CHR Metz Thionville
Concession de service public pour la gestion et l'exploitation du service de télévision, téléphone et multimédia aux patients pour le CHR de Metz-Thionville, le CH de Briey et le CH de Boulay.
» Voir l'avis de concession de service public