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Mercredi 14 Juin 2006 à 00:00

Crise à Libération dans un contexte de morosité de la presse

La presse quotidienne nationale dans son ensemble ne va pas très bien en France et Libération, qui perd son patron fondateur, plus mal encore.

Le premier actionnaire du journal, Edouard de Rothschild (38,8% du capital), a prié Serge July "de quitter le journal" et celui a dit qu'il "n'y (ferait) pas obstacle, (...) si ce départ peut favoriser le refinancement du journal". Car, moins d'un an après l'arrivée d'Edouard de Rothschild et de ses 20 millions d'euros, Libération a de nouveau besoin d'argent. Le besoin de refinancement est évalué entre 10 et 15 millions d'euros. En septembre dernier, Edouard de Rothschild déclarait qu'il souhaitait "remettre de l'ordre dans la situation économique de Libération". "Je suis venu pour faire du développement autour de la marque Libération et autour du quotidien", ajoutait-il.

Il souhaitait alors que la direction en place mette "de l'ordre dans la situation économique du journal". Las, Libération a accumulé 6 millions d'euros de pertes courantes en 2005, auxquels il faut ajouter environ 7 millions pour le financement de 55 départs volontaires. Depuis le début de l'année 2006, les pertes s'élèvent à 4,5 millions. Et les derniers chiffres de l'OJD montrent que la presse quotidienne n'est pas dans une forme olympique: en 2005, sa diffusion a reculé globalement de 1,6% (-1,95% pour les quotidiens nationaux). Ce tassement s'explique notamment par la concurrence des nouveaux modes d'information.

En dix ans, relève le sociologue Jean-Marie Charon, "on a connu une mutation complète de l'ensemble des médias: les radios et les télévisions en continu, l'arrivée de l'internet et toute une série de nouveaux systèmes d'information sur la téléphonie mobile, etc". Il relève aussi "la faiblesse des quotidiens populaires" qui eux, sont directement concurrencés par les gratuits. Laurent Martin, historien des médias, notait mercredi "une perte de confiance et d'intérêt du lectorat" pour la presse quotidienne. "La culture du gratuit s'est répandue, précédant même l'usage d'internet". Il relève que les français consacrent "plus de 3 heures par jour à la télévision et seulement 20 minutes à la lecture". "La lecture zapping, ajoute-t-il, conforte la position des journaux gratuits --qui se lisent vite-- et des médias électroniques".

Pour lui, "il y a très peu de place maintenant pour la presse écrite quotidienne" (payante). Dans les années 1970-80, la presse quotidienne nationale française avait subi la concurrence des news magazines. Le Figaro avait été le premier à trouver la parade avec ses suppléments magazines du week-end, Le Monde avait suivi avec "le Monde 2". Mais Libération, remarque Jean-Marie Charon, "a loupé son supplément de fin de semaine dans les années 1990". Libé vient de lancer "Ecrans", magazine hebdomadaire de "tous les écrans", et a annoncé la sortie d'un cahier loisirs, bien-être, culture(s).

Un moyen de faire la différence avec les gratuits qu'on feuillette et de fidéliser le lectorat. Car la presse gratuite creuse son sillon. L'homme d'affaires Vincent Bolloré, avec Direct Soir, est le dernier arrivé sur ce terrain. La presse gratuite d'information, apparue en France en 2002, comptait 80 titres en 2005 et affichait une progression de 17,6% de sa diffusion. Quant à Libération, "il y a une inquiétude sur la pérennité du titre et sur la forme que pourrait prendre le journal à l'avenir", confiait mercredi un de ses journalistes. Si Edouard de Rothschild demande le départ de Serge July, c'est sûrement pour faire autre chose, mais il n'a rien dit de ses projets ni financiers, ni éditoriaux.
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