Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard, a estimé que la qualification par les Etats-Unis de la télévision Al-Manar, l'organe du Hezbollah, d'organisation terroriste est dangereux car elle risque d'en faire une cible militaire. "La qualification américaine est un dangereux précédent car elle risque d'en faire une cible militaire à l'instar de la télévision serbe (bombardée par l'Otan lors de la guerre du Kosovo) ou d'Al-Jazira (la télévision qatariote), bombardée par l'Armée américaine à Kaboul", a affirmé le patron de RSF lors d'un meeting de solidarité avec Al-Manar, tenu au siège du syndicat de la presse libanaise. "Faire taire un média car il est partisan est contre la liberté d'expression, c'est pourquoi je suis venu à Beyrouth pour exprimer ma solidarité avec Al-Manar. Beaucoup de médias arabes sont partisans (dans le conflit avec Israël). Dans la logique (occidentale) actuelle, il faudrait les interdire toutes", a-t-il ajouté. L'organisation internationale de défense de la liberté de la presse a été l'une des rares ONG à critiquer l'interdiction de la chaîne du Hezbollah par le Conseil d'Etat français et l'annulation de son conventionnement par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Les Etats-Unis ont placé Al-Manar le 18 décembre 2004 sur leur liste des organisations terroristes, au lendemain de l'interdiction de sa diffusion en France. Le département d'Etat a précisé que la décision américaine avait aussi des conséquences pour tout individu ayant des liens avec Al-Manar, en étant membre de cette chaîne, en sollicitant des fonds pour la financer, ou en lui apportant un soutien quel qu'il soit.
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