CNEWS
 

Boycott publicitaire en pleine accélération : Kiabi fuit CNews, suivie par d'autres géants français

Frédéric SCHMITT
19 février 2026 à 17h28  
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L'enseigne de prêt-à-porter Kiabi a annoncé le retrait immédiat de ses publicités de CNews, saluant l'« alerte » lancée par le collectif militant d'extrême gauche Sleeping Giants et rejoignant ainsi une vague de désengagements qui fragilise les revenus de la chaîne d'information du groupe Canal+.

Ce collectif anonyme, actif depuis 2016 contre les discours de haine et la désinformation, cible régulièrement CNews pour ses émissions jugées polémiques. Plus de vingt sanctions de l'Arcom visent la chaîne pour discrimination ou incitation à la haine, dont une condamnation pour racisme. Interpellée sur X le 16 février, Kiabi a réagi promptement : « Cette situation ne reflète ni nos valeurs ni nos engagements. Nous nous en excusons sincèrement et renforçons nos contrôles ». Ce n'est pas un cas isolé : les annonceurs fuient souvent après ces alertes publiques, craignant un backlash sur leurs marques.

Une liste d'enseignes françaises en retrait

Le phénomène n'est pas nouveau. Dès 2019-2020, autour des interventions d'Éric Zemmour dans « Face à l'info », une quarantaine de marques ont suspendu leurs spots. Parmi elles :

  • Decathlon, qui a retiré ses publicités jusqu'à fin 2020.
  • Ferrero (Nutella), Groupama, Monabanq et la Maif.
  • Audi, Nissan, Engie et Leclerc.
  • Leboncoin, Lipton et Maître Coq.

Plus récemment, Kiabi s'ajoute à cette liste, illustrant une sensibilité accrue des enseignes françaises à leur image sociétale.

Leader des chaînes d'info en continu avec des audiences records, CNews tire une part essentielle de ses revenus de la publicité, évalués à plusieurs dizaines de millions d'euros annuels. Ces boycotts, bien que sporadiques, pèsent sur sa viabilité économique et alimentent le débat sur la liberté d'expression. La Cour de cassation a récemment validé les actions de Sleeping Giants, les qualifiant d'expression politique non discriminatoire. Du côté des annonceurs, la pression militante renforce les listes d'exclusion publicitaires, protégeant leur réputation dans un contexte de polarisation médiatique accrue.

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