
Une commission parlementaire se penche sur les relations entre France Télévisions et des sociétés de production
France Télévisions, principal groupe audiovisuel public français, fait l'objet d'une enquête parlementaire qui révèle des marges démesurées et des soupçons de conflits d'intérêts dans ses rapports avec les sociétés de production.
La commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, présidée par Jérémie Patrier-Leitus et dont Charles Alloncle, député UDR de l'Hérault, est rapporteur, auditionne depuis plusieurs semaines les acteurs du secteur. Lors des récentes auditions, notamment celle des représentants de France Télévisions le 12 février, des pratiques contractuelles ont interpellé les parlementaires. Charles Alloncle a pointé du doigt des marges exorbitantes prélevées par certaines sociétés de production sur les budgets alloués par le groupe public, alimentant des interrogations sur l'utilisation des fonds issus de la redevance audiovisuelle et de la dotation de l'État, estimée à plus de 2,5 milliards d'euros annuels.
Marges opaques et surcoûts injustifiés
Les investigations mettent en lumière des écarts significatifs entre le coût de production des programmes et les factures présentées à France Télévisions. Certaines sociétés intermédiaires appliqueraient des commissions démesurées, parfois supérieures à 30 % du budget total, sans justification claire. Par exemple, des contrats pour des magazines d'information ou des fictions impliqueraient des chaînes de sous-traitance où les marges s'accumulent, gonflant artificiellement les dépenses. Dans un contexte où France Télévisions affiche un déficit de 40 millions d'euros en 2025 selon la Cour des comptes, ces pratiques interrogent la maîtrise des coûts. Le rapport de la Cour des comptes, publié en septembre 2025, qualifiait déjà la situation financière du groupe de critique, appelant à des réformes structurelles.
Conflits d'intérêts en question
Plus graves encore, des soupçons de conflits d'intérêts pèsent sur certains dirigeants. Plusieurs cadres de France Télévisions, dont Nathalie Darrigrand, auraient validé ou signé des contrats de plusieurs dizaines de millions d'euros avec des sociétés liées à leurs anciens collaborateurs ou à des intérêts personnels. Ces rapprochements familiaux ou professionnels soulèvent des doutes sur l'impartialité des attributions. La ministre de la Culture, interrogée lors d'une audition, a évoqué des obligations de transparence renforcées, mais sans mesures immédiates annoncées.
France Télévisions dément toute irrégularité, affirmant que tous les contrats respectent les procédures internes et les appels d'offres publics. Le groupe souligne ses efforts d'économies, avec un budget 2026 à l'équilibre malgré une baisse de dotation de 86 millions d'euros. La commission, qui doit rendre ses conclusions dans les semaines à venir, promet des recommandations pour une meilleure gouvernance. Ces révélations interviennent alors que l'audiovisuel public est sous pression budgétaire, avec des salaires moyens élevés - 71 490 euros bruts annuels - et des critiques récurrentes sur son efficacité. Pour les téléspectateurs, financés par l'impôt, l'enjeu est de taille : une gestion plus vertueuse des deniers publics est-elle à portée ?
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