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Le comédien et metteur en scène français d'origine chilienne Daniel Emilfork, connu du grand public pour son physique inquiétant de héros expressionniste, notamment dans le film "La cité des enfants perdus", est mort mardi à Paris à l'âge de 82 ans, a-t-on appris mercredi par ses proches. Son front haut, son crane chauve, son long visage émacié, ses yeux plissés, sa voix d'ogre teintée d'un accent "moldo-valaque" et sa maigreur de moine tibétain en ont fait une figure inoubliable qui aurait pu être celle du Nosferatu du film de Murnau. Dès l'enfance, il avait eu à assumer ce physique insolite, mais il racontait que cette différence admise, il avait décidé de "conquérir le monde !". Il devait évoquer en 2000 dans un spectacle autobiographique en solo, "Pueblo Horno" (Village-four), son enfance et sa jeunesse. Né à San Felipe au Chili dans une famille juive socialiste chassée de Russie par les pogroms, Daniel Emilfork parla d'abord l'espagnol et il devait apprendre le français lors de son installation en France. Après avoir enseigné l'espagnol chez Berlitz, il suivit les cours de théâtre de Tania Balachova où il avait comme camarades Delphine Seyrig, Michael Lonsdale, Antoine Vitez, Bernard Fresson et la comédienne qui allait devenir sa femme, Denise Péron, décédée en 1996. Ce handicap de départ ne l'empêcha pas de mener une carrière au théâtre, au cinéma et à la télévision qui le cantonnèrent souvent et parfois avec bonheur dans des rôles de personnages hors normes, vampires, diables, savants fous et espions. Il travailla cependant au théâtre sous la direction des plus grands Claude Régy, Patrice Chéreau, Luchino Visconti, Andre Engel, de même au cinéma avec Clouzot, Vadim, Polanski, Cukor etc... Au théâtre, il a marqué le rôle de Sade dans le "Marat-Sade" de Peter Weiss monté en 1986 par Walter Le Moli. Au cinéma, Fellini lui dessina un personnage démesuré d'homme-libellule dans son "Casanova" (1975) et Caro et Jeunet lui confièrent à 71 ans son plus beau rôle, celui d'un voleur de rêves d'enfants, dans "La Cité des enfants perdus". Pour la série télévisée "Chéri Bibi" (1974), il jouait Kanak, le médecin cannibale imaginé par Gaston Leroux. Les obsèques de Daniel Emilfork, qui sera inscinéré, se dérouleront dans la plus sticte intimité.
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