LFP
 

Rédaction
12 novembre 2002 à 02h00

L'appel d'offres sur les droits TV du football pour la période 2004-07 arrive à échéance aujourd'hui mardi , date limite du dépôt des propositions, et donne lieu à un "incroyable poker menteur" entre les divers diffuseurs potentiels. Le résultat des propositions formulées pour les sept lots, lancés mi-octobre par Frédéric Thiriez, le président de la Ligue de football professionnel (LFP), ne sera officiellement connu que le 22 novembre, après le prochain conseil d'administration. Pourtant, même si le contexte est en principe à la récession en Europe, la concurrence entre les deux bouquets satellitaires français (Canal + et TPS) devrait déboucher, estime-t-on de sources proches du dossier, sur des offres correspondant aux derniers droits payés qui étaient de 386,2 millions d'euros pour 2002-03. Les deux premiers lots, concernant la Ligue 1, avec les deux meilleures affiches de chaque journée (lot 1) et la troisième affiche plus le magazine sur la journée, diffusé le soir même, équivalent de l'actuel "Jour de foot" sur Canal + (lot 2), font l'objet de toutes les convoitises. Ce découpage, souligne-t-on de sources proches du dossier, vise implicitement à inciter les chaînes à surenchérir pour acquérir les deux lots à la fois. Car disposer des deux meilleurs matches sans le magazine hebdomadaire n'a qu'un intérêt moindre, et vice versa. De plus, cette consultation a été lancée alors que Canal +, pour qui le football a toujours été un produit d'appel essentiel, connaît une période de bouleversements liée à la restructuration de son actionnaire majoritaire, Vivendi Universal (VU). Les dirigeants de la chaîne cryptée sont conscients du caractère décisif de ces négocations qui, en cas d'échec, pourrait avoir des répercussions très sensibles sur la fidélité des 4,5 millions d'abonnés. A l'approche de l'échéance, le mot "football" a mis les plus hauts responsables des chaînes en effervescence, et les rumeurs les plus folles, souvent soigneusement distillées, circulent comme "pour une incroyable partie de poker menteur où l'on +balance+ des leurres à gauche et à droite", souligne un responsable d'un des diffuseurs. En fait, cette procédure dépasse largement le seul cadre du football et suscite bien des inquiétudes. Ainsi, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a mis en garde contre une "dérive inflationniste", tandis que les producteurs de cinéma craignent que les chaînes ne misent tout sur les droits du football, au détriment de la production cinématographique. Même le ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, dans une lettre envoyée à M. Thiriez, lui a fait part de sa "vive préoccupation" sur la possible inflation des droits, qui risquerait de "déstabiliser le paysage audiovisuel". Cela a suscité une vive réaction du président de la LFP, qui a jugé cette intervention "déplacée dans une procédure régie par le droit de la concurrence". Car la LFP se refuse à envisager une baisse des droits, même si d'autres critères que l'argent seront pris en compte au final, comme le savoir-faire par exemple. En fait, la LFP, dont l'appel d'offres arrive à échéance à la veille de celui lancé par l'Union européenne de football (UEFA) pour la Ligue des champions (C1), est en position de force. Elle sait que le championnat national possède sur les téléspectateurs un taux d'attractivité largement supérieur à celui des compétitions européennes. Les derniers droits de la C1 ont ainsi été achetés 90 millions d'euros par TF1, et partagés avec Canal +. La France est l'un des rares pays européens a compter deux bouquets satellitaires. L'un, Canal +, est contrôlé à 66 % par VU et 34 % par le groupe Lagardère et l'autre, TPS (Télévision par satellite), est détenu à 67 % par TF1 et 33 % par M 6. Le produit football, qui est loin d'arriver à saturation, ne saurait échapper à l'un de ces deux diffuseurs. Réponse le 22 novembre.

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