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Vos messages WhatsApp sont lus par des tas de gens, contrairement à ce qu'affirme Meta

Frédéric SCHMITT
10 avril 2026 à 12h26

Un recours collectif international déposé fin janvier devant le tribunal fédéral de San Francisco met en lumière des accusations graves contre WhatsApp : malgré ses promesses de chiffrement de bout en bout, l'application permettrait à des employés et sous-traitants de Meta de lire les conversations privées des milliards d'utilisateurs.

Les accusations portées par les plaignants

Les plaignants, originaires d'Australie, du Brésil, de l'Inde, du Mexique et d'Afrique du Sud, affirment que Meta et WhatsApp stockent secrètement, analysent et accordent un accès quasi illimité aux messages prétendument privés. Selon la plainte, des outils internes permettent aux ingénieurs et modérateurs de consulter les historiques de conversations sans étape de déchiffrement supplémentaire. Ces révélations s'appuient sur des témoignages d'anciens modérateurs de contenu embauchés via le cabinet Accenture pour le compte de Meta. Ces derniers déclarent avoir eu un accès direct à des milliers de messages dans le cadre de leur travail, contredisant les affirmations publiques de l'entreprise selon lesquelles seules les clés de chiffrement stockées sur les appareils des utilisateurs empêchent tout accès tiers.

Un rapport interne de juillet 2025, cité par Bloomberg, corrobore ces dires : un modérateur rapporte avoir discuté avec un employé de Meta capable de visualiser des échanges pour des enquêtes criminelles. Les plaignants dénoncent une tromperie massive, arguant que cela expose des données sensibles comme des informations médicales ou intimes à des risques majeurs, notamment l'espionnage industrielle ou le vol de données personnelles et confidentielles.

Une enquête fédérale américaine en cours

Le Département du Commerce américain examine ces allégations depuis plusieurs mois. Des auditions ont eu lieu avec les lanceurs d'alerte, qui décrivent un accès "illimité dans le temps" aux contenus. Cette enquête fédérale pourrait élargir le scandale, alors que WhatsApp compte plus de trois milliards d'utilisateurs actifs mensuels. Parallèlement, des experts en cryptographie comme Matthew Green ont exprimé des doutes, bien que certains qualifient la plainte de spéculative.

La défense ferme de Meta

Meta rejette catégoriquement ces accusations, qualifiant le recours de "frivole" et sans fondement. Malgré les témoignages, l'entreprise affirme que le chiffrement de bout en bout reste inviolable : les messages ne transitent jamais déchiffrés sur ses serveurs, et les clés sont exclusivement détenues par les utilisateurs. "WhatsApp ne peut pas lire les messages car les clés de chiffrement sont sur votre téléphone et nous n'y avons pas accès", a déclaré un porte-parole. Meta prévoit de demander des sanctions contre les plaignants et souligne ses récentes améliorations en matière de confidentialité des discussions.

Quelles implications pour les utilisateurs

Depuis son acquisition par Meta en 2014, WhatsApp met en avant son chiffrement comme argument commercial principal face à des concurrents comme Signal ou Telegram. Pourtant, des failles potentielles persistent, notamment via les backups cloud non chiffrés par défaut ou les métadonnées partagées. Ce procès ravive les débats sur la transparence des géants tech : les utilisateurs peuvent-ils vraiment faire confiance aux promesses de sécurité ? Des fonctionnalités comme les nouvelles options de protection de WhatsApp visent à renforcer la sécurité, mais ce litige pourrait ébranler la confiance mondiale. Les audiences devraient s'étendre sur plusieurs mois, avec des ramifications possibles en Europe sous le RGPD.

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