
Le rapport Alloncle propose une refonte choc de France Télévisions avec fusion de chaînes et milliard d'économies
Le député Charles Alloncle, rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, livre un document explosif de 300 pages comportant 80 recommandations pour réformer en profondeur le secteur, avec un objectif ambitieux d'un milliard d'euros d'économies annuelles.
Lancée en octobre dernier suite à une polémique sur un supposé biais idéologique à gauche au sein des médias publics, la commission a auditionné plus de 70 personnalités, dont des patrons de France Télévisions, des animateurs et des magnats des médias comme Vincent Bolloré. Charles Alloncle, député UDR de l'Hérault, a dirigé les travaux en se focalisant sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, financé à hauteur de 2,5 milliards d'euros par an par la redevance et l'Etat. Les contribuables français, donc.
Les auditions ont révélé des dysfonctionnements, notamment des marges exorbitantes prélevées par les sociétés de production, parfois supérieures à 30% des budgets alloués par France Télévisions pour des magazines ou fictions, ainsi que des soupçons de conflits d'intérêts impliquant des cadres du groupe.
Structuré en quatre chapitres, le rapport cible la neutralité et l'impartialité, les institutions de contrôle, le fonctionnement interne et la gestion financière. Parmi les mesures choc figure la fusion de France 2 et France 5, avec rapatriement de programmes emblématiques comme C à vous, C ce soir ou Les Maternelles sur France 2, équivalant à une suppression de facto de France 5. Certains contenus de France 5 seraient relégués après minuit sur France 24 et franceinfo.
Autres pistes radicales :
- Réduction des formations musicales de Radio France.
- Retour à une nomination des patrons de France Télévisions, Radio France et de l'INA par l'Élysée, sur proposition du ministère de la Culture, pour renforcer la neutralité, remettant en cause la loi de 2013 sur l'indépendance.
- Fin potentielle du système des animateurs-producteurs, dénoncé pour conflits d'intérêts.
Ces réformes visent à assainir des finances critiques, avec un déficit cumulé de 80 millions d'euros sous la présidence de Delphine Ernotte à France Télévisions.
Le rapport, imprimé en urgence, fait l'objet d'une vive controverse. Les 31 députés de la commission voteront son approbation le 27 avril. Un rejet, rare mais possible, enterrerait l'ensemble des travaux, comptes rendus d'auditions et documents transmis. Des fuites dans la presse ont déjà enflammé le débat, certains y voyant un retour à l'ORTF, tandis qu'Alloncle défend une "faute démocratique" en cas de censure.
Ce document pourrait inspirer une proposition de loi pour réformer l'audiovisuel public, dans un contexte de concurrence accrue des plateformes streaming et de chute d'audience des chaînes linéaires. Les économies proposées répondent à une trajectoire financière jugée "critique" par la Cour des comptes.
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