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La panne des télévisions du vice-président de République démocratique du Congo Jean-Pierre Bemba, adversaire du sortant Joseph Kabila au second tour de la présidentielle, alimente une polémique susceptible de faire remonter la tension dans l'attente des résultats du vote. Après Canal Kin TV (CKTV) le 27 octobre, c'est Canal Congo TV (CCTV), également propriété de M. Bemba, qui a cessé d'émettre le 29 octobre, au soir du scrutin, suscitant, dans un contexte tendu, des interrogations sur l'origine des pannes. Des interrogations entretenues par le camp Bemba qui a sous-entendu un moment que le camp d'adverse n'y était pas étranger. Après avoir finalement admis l'existence d'un problème technique, le directeur par intérim de CCTV, Maurice Bokoko a affirmé mardi que ses techniciens avaient été empêchés par des militaires de pénétrer, pour y procéder à des réparations, sur le site de Binza (ouest de Kinshasa), qui abrite les émetteurs d'une dizaine de télévisions congolaises, notamment ceux de CCTV et CKTV. Une version démentie par Sébastien Dino, le responsable à Kinshasa de Téléconsult, l'entreprise gérant les émetteurs de Binza, qui accuse CCTV d'avoir voulu volontairement "créer des incidents". Procès verbal de panne en date du 30 octobre à l'appui, M. Dino a assuré à un journaliste de l'AFP qu'un technicien de CCTV s'était bel et bien rendu lundi sur le site, où il avait diagnostiqué non un problème d'émetteur à Binza, mais une panne "au niveau du départ faisceau à la régie" de CCTV. En revanche, il a admis avoir refusé aux responsables de CCTV l'installation d'équipements provisoires, un "faisceau mobile" permettant un retour du signal en attendant les réparations nécessaires. "J'ai dit non, car toute installation sur la tour de Téléconsult est suspendue pour raisons techniques (...) depuis un mois et demi", a-t-il expliqué. "Malgré cela, ils se sont quand même rendus à Binza dans l'objectif de créer des incidents", a-t-il ajouté, précisant que l'accès leur avait donc été normalement refusé. Interrogé par l'AFP, M. Bokoko a admis la présence de son technicien à Binza le 30 octobre et l'existence d'une panne à la régie de CCTV et non sur le site. Mais il a affirmé avoir eu l'accord d'un technicien de Téléconsult pour installer un faisceau mobile à Binza et a qualifié de "prétextes" et de "faux-fuyants" les justifications invoquées par Téléconsult pour empêcher cette installation. "On n'aura peut-être jamais le fin mot de l'histoire, mais si cette polémique dure, ça peut faire monter la tension", a estimé un diplomate en poste à Kinshasa, estimant que dans la période délicate d'attente des résultats du scrutin, n'importe quel incident pourrait être "le prétexte" à des dérapages violents. Pour une autre source diplomatique, "le problème est que cette question technique prend une dimension politique. On peut s'interroger sur le fait qu'on ne trouve pas de solution". Estimant que "la mauvaise foi" était "bien partagée entre les deux camps", il a déploré que l'un des deux candidats soit de fait privé de ses médias, quelle que soit la raison "technique" à l'origine de cette situation. Les médias proches des candidats, qui se sont illustrés pendant la campagne par des appels à la haine puis par l'annonce de faux résultats au premier tour, ont été désignés comme des catalyseurs de la violence par plusieurs ONG après les affrontements à l'arme lourde du mois d'août entre troupes des présidentiables à Kinshasa.
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