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Perquisition chez X à Paris : Une opération coordonnée de l'UE contre les réseaux sociaux ?

Frédéric SCHMITT
3 février 2026 à 23h51  
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Le parquet de Paris a perquisitionné les locaux français de X avec le soutien d'Europol.

L'enquête, ouverte en 2025, porte sur des soupçons de manipulation algorithmique, complicité dans la diffusion d'images pédopornographiques, production de deepfakes sexuels, négation de crimes contre l'humanité et extraction illicite de données. Elon Musk et Linda Yaccarino ont été convoqués pour une audition volontaire le 20 avril 2026.

Ce même jour, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé une interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans. Il a critiqué les plateformes comme X pour leur rôle dans la diffusion de contenus illégaux, notamment des deepfakes sexuels générés par l'IA Grok à la demande d'utilisateurs, qualifiant les réseaux sociaux d'« État défaillant où les lois sont ignorées et les crimes endurés ».

Cette simultanéité entre l'action judiciaire française et les déclarations espagnoles suggère une coordination entre États membres de l'Union européenne visant à durcir la régulation des réseaux sociaux. Sous le prétexte de protéger les mineurs et de combattre les contenus haineux ou illicites, ces initiatives pourraient imposer des contraintes accrues sur la modération, les vérifications d'âge, d'identité et les algorithmes, au risque de restreindre la liberté d'expression et les débats publics sur ces plateformes.

X a réagi officiellement à la perquisition en qualifiant l'opération d'« acte judiciaire abusif » motivé par des objectifs politiques plutôt que judiciaires. La société a dénoncé une tentative de pression sur sa direction américaine via son entité française, affirmant que l'action constituait un « spectacle judiciaire » destiné à atteindre des fins illégitimes.

Cette escalade pourrait évoluer en un bras de fer entre la Commission européenne et les États-Unis. X, entreprise américaine, perçoit ces mesures comme une atteinte à la liberté d'expression défendue outre-Atlantique. Une confrontation ouverte opposerait la souveraineté numérique européenne aux principes libéraux américains en matière de tech, avec des répercussions potentielles sur des infrastructures critiques comme Starlink.

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