
Timotheus Höttges, directeur général de Deutsche Telekom, a exprimé son mécontentement face à la manière dont l'Union européenne conduit la réforme du secteur des télécommunications.
Lors d'une conférence de presse suivant la publication des résultats trimestriels du groupe, il a dénoncé une réglementation toujours plus lourde et un manque de réponses aux préoccupations des opérateurs. « Nous voyons de plus en plus de paperasserie, de plus en plus d'exigences », a déclaré Höttges. « Nous n'avons trouvé aucune réponse. »
Après plusieurs mois de pression de la part des opérateurs télécoms, la Commission européenne a présenté en janvier le Digital Networks Act, une refonte majeure du cadre réglementaire du secteur. Le texte prévoit notamment la possibilité pour les opérateurs d'utiliser les fréquences radio pour une durée illimitée, une mesure censée renforcer la visibilité à long terme et encourager l'investissement.
Mais cette réforme ne répond pas à la principale revendication des opérateurs : l'instauration d'une contribution financière obligatoire des géants américains du numérique - Google, Netflix, Meta -, dont le trafic représente une part considérable de la charge des réseaux européens. La Commission a préféré un mécanisme de coopération volontaire.
Dominique Leroy, responsable du segment Europe chez Deutsche Telekom, a également exprimé sa déception : « Nous sommes très déçus de la régulation en Europe. » Elle a salué l'extension de la durée des licences de spectre, tout en regrettant l'absence de toute mention d'une contribution des hyperscalers américains. « Nous avons toujours dit que nous ne voulions pas de régulation ex ante mais ex post. »
Höttges a par ailleurs mis en doute la concrétisation de l'extension des licences de spectre, estimant que la proposition semblait surtout destinée à donner « un peu d'espoir » au secteur télécom.
Pour lire les commentaires et participer, vous devez vous identifier.
Connectez-vous ou devenez membre pour participer et profiter d'autres avantages.














