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Starship V3 : un premier vol d'essai qui repousse encore les limites de l'aérospatiale

Frédéric SCHMITT
23 mai 2026 à 10h18  
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Le vol inaugural de la version 3 de Starship a une nouvelle fois démontré le caractère exceptionnel et hors normes des avancées réalisées par SpaceX dans la conquête spatiale.

En début de nuit dernière (en France), depuis Starbase au Texas, le booster Super Heavy équipé de ses 33 moteurs Raptor a allumé l'ensemble de ses propulseurs sans aucune anomalie. Les flammes intenses et le rugissement assourdissant ont marqué le début d'un vol historique pour cette première itération V3 du système complet. Le décollage s'est déroulé avec une précision remarquable, malgré les conditions météorologiques et les systèmes de déluge d'eau du pas de tir Pad 2 mis à l'épreuve pour la première fois.

L'ascension du booster s'est poursuivie avec succès, un moteur ayant même été perdu sans compromettre la trajectoire globale. Le hot staging, procédure de séparation des étages, a fonctionné à la perfection, permettant au vaisseau Starship de poursuivre sa route vers l'espace. Les modifications majeures apportées à la version V3, notamment au niveau des structures et des moteurs Raptor de nouvelle génération, ont prouvé leur efficacité en conditions réelles de vol. Le vaisseau a déployé avec brio ses charges utiles tests, dont des satellites factices liés au programme Starlink V3, tout en maintenant un contrôle d'attitude optimal malgré la perte d'un moteur Rvac. Les images dont SpaceX nous ont gratifié étaient dignes d'un film de science fiction, avec notamment des vues extérieures du Starship filmées depuis le dernier satellite déployé, équipé de caméras, projecteurs et d'une connexion Starlink vers la Terre.

Les exploits techniques de la V3 incluent une meilleure intégration pour une réutilisation complète et rapide, des capacités accrues en matière de charge utile et une gestion thermique renforcée. Ces avancées positionnent Starship comme un vecteur révolutionnaire pour les futures missions lunaires et au-delà.

Ce qui a fonctionné et ce qui a rencontré des difficultés

  • Décollage et allumage complet des 33 moteurs : parfait
  • Hot staging et séparation : réussi
  • Déploiement de charges utiles tel que des des bonbons Pez (!) et tests de connexion : réussis
  • Contrôle d'attitude et rentrée atmosphérique du vaisseau : parfaites

Le booster a connu un échec sur la manœuvre de renversement et de ralentissement , entraînant une retombée non contrôlée dans le Golfe d d'Amérique (anciennement Golfe du Mexique). Le vaisseau, quant à lui, a surmonté ses défis avec brio lors de la phase de rentrée, validant les tests de chauffage maximal, les charges sur les flaps et la manœuvre de basculement pour le retour au site de lancement.

Le booster n'a pas pu accomplir son burn d'atterrissage planifié en mer, mais le vaisseau Starship a réalisé une descente atmosphérique contrôlée avant d'effectuer avec succès son burn d'atterrissage sur deux moteurs, aboutissant à un splashdown précis dans l'océan Indien.

Ce vol d'essai marque le début d'une nouvelle étape majeure dans l'évolution du lanceur le plus puissant jamais construit. Les équipes de SpaceX continuent d'explorer les frontières de ce qui est possible, transformant l'impossible en réalité tangible à chaque tentative.

La vidéo complète du vol d'essai est disponible ici.

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