
La streameuse Ultia a été brutalement écartée de la commission du CNC après avoir publiquement assumé son intention d'utiliser son poste pour favoriser ses amis et exclure les projets pour des questions idéologiques.
Des propos choc tenus en direct
Lors d'un stream Twitch diffusé hier, Ultia, créatrice de contenu populaire sur la plateforme, s'est réjouie de sa récente nomination au jury du fonds d'aide à la création CNC Talent. Ce fonds soutient les talents émergents dans les domaines du cinéma, de l'audiovisuel et des jeux vidéo. Mais au lieu de vanter son engagement impartial, la streameuse a livré des déclarations qui ont rapidement fait le buzz. "Si t'es d'extrême droite, désolé, pas de thune. Si t'es mon pote, c'est évident, je te sauce le projet", a-t-elle lancé sans filtre, expliquant ainsi son approche pour attribuer les subventions. Ces mots, prononcés en direct devant des milliers de spectateurs, révèlent une partialité assumée, mêlant idéologie personnelle et copinage. Ultia, connue pour ses prises de position engagées et son passé de victime de cyberharcèlement, n'a pas hésité à transformer un rôle public en outil de promotion personnelle. Cette attitude, loin de la neutralité attendue d'un membre de commission, soulève des questions sur sa maturité professionnelle et son respect des principes d'équité.
Le CNC, pilier du soutien à la création financé par l'argent public
Pour comprendre l'ampleur du scandale, il faut rappeler ce qu'est le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC). Créé en 1946, cet établissement public administratif est chargé de soutenir la production, la distribution et la promotion des oeuvres cinématographiques, audiovisuelles, animées et numériques. Sa mission principale est de préserver et développer la diversité culturelle française face à la concurrence internationale, en finançant des milliers de projets chaque année. En 2024, le CNC a ainsi versé plus de 700 millions d'euros en aides, couvrant des films d'auteur comme des séries TV et des jeux vidéo innovants. Les aides du CNC sont essentielles pour l'industrie, comme en témoigne le rôle de financeur majeur joué par des acteurs comme Canal+.
Le financement du CNC repose sur des prélèvements obligatoires, financés en grande partie par les Français. La taxe sur les services de télévision (TST), prélevée sur les abonnements TV et les revenus publicitaires des chaînes, représente la plus grosse part, suivie de la taxe sur la billetterie cinéma et des contributions des opérateurs télécoms. Au total, ce sont des centaines de millions d'euros issus indirectement des impôts et des dépenses des ménages qui alimentent ces fonds. L'attribution de ces aides se fait via des commissions composées de professionnels et de personnalités qualifiées, censées examiner les dossiers avec objectivité, sur des critères artistiques, économiques et d'innovation. Toute dérive, comme celle promise par Ultia, trahit cette confiance et met en péril la légitimité de tout le système.
La réaction immédiate du CNC
Le CNC n'a pas tardé à réagir. Dans un communiqué officiel publié dans la foulée, l'institution a annoncé avoir "pris connaissance des déclarations publiques de la streameuse Ultia, nouvellement nommée membre de la commission du fonds d'aide à la création CNC Talent" et lui avoir "immédiatement mis fin à ses fonctions". Cette décision rapide illustre la gravité perçue par le CNC, qui ne pouvait tolérer qu'un membre avoue publiquement son intention de biaiser les décisions. Ultia, fraîchement intégrée pour représenter le monde du streaming et des nouvelles créations numériques, avait été choisie pour sa visibilité et son expertise en jeux vidéo. Mais ses propos ont balayé en un instant cette légitimité.

Une attitude qui jette l'ombre du soupçon sur l'ensemble du système
L'affaire Ultia n'est pas anodine. Elle met en lumière les risques inhérents à la nomination de personnalités issues des réseaux sociaux dans des instances publiques. En projetant ouvertement d'utiliser son statut pour "saucer" les projets de ses amis et bloquer ceux d'un bord politique auquel elle n'adhère pas, la streameuse a non seulement violé les principes de neutralité mais a aussi exposé les failles potentielles du processus de sélection des commissions. Qui garantit que d'autres membres n'agissent pas de manière similaire, en catimini ? Cette transparence forcée par le live stream a révélé une mentalité de clan, incompatible avec la gestion d'argent public. Le CNC, déjà critiqué pour son opacité perçue dans certaines attributions d'aides, voit sa crédibilité entamée. Les créateurs indépendants, qui peinent à obtenir des subventions face à des productions mieux connectées, se demanderont légitimement si le système est sincèrement équitable.
De plus, en liant explicitement l'attribution de fonds à des critères politiques, Ultia a franchi une ligne rouge. Exclure des projets sur base idéologique va à l'encontre de la mission du CNC, qui vise la diversité artistique sans discrimination. Cette dérive idéologique, doublée de népotisme avoué, renforce les soupçons sur l'ensemble des membres des commissions. Combien d'autres ont des réseaux personnels à servir ? L'institution devra désormais renforcer ses critères de nomination et sa surveillance pour restaurer la confiance. Ultia, de son côté, a transformé une opportunité professionnelle en fiasco retentissant, rappelant que la notoriété en ligne ne suffit pas à assumer des responsabilités publiques.
Vers plus de vigilance dans les nominations
Cette révocation express est un signal fort envoyé par le CNC. Mais l'épisode interroge sur le casting des jurys. Les streamers, influents auprès des jeunes, sont courtisés pour moderniser les instances. Pourtant, leur culture du live, impulsive et sans filet, peut s'avérer périlleuse. Ultia n'est pas la première à déraper publiquement, mais son cas, lié à des fonds publics, amplifie les enjeux. Les professionnels du secteur attendent des garanties : formations obligatoires sur l'éthique, clauses de confidentialité renforcées et contrôles accrus. En attendant, cet incident rappelle que l'argent du CNC, prélevé sur les poches des contribuables, mérite une gestion irréprochable. L'attitude légère d'Ultia a non seulement ruiné sa nomination mais a semé le doute sur un pilier de la culture française.
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