
La Ligue des droits de l'homme et la CGT Spectacle ont engagé une action judiciaire contre Canal+ pour dénoncer une discrimination présumée à l'encontre des professionnels du cinéma ayant signé une tribune critiquant l'influence grandissante de Vincent Bolloré dans le secteur.
Cette procédure civile, déposée au tribunal judiciaire de Nanterre, fait suite aux déclarations de Maxime Saada, président du directoire du groupe, qui avait indiqué ne plus vouloir que Canal+ travaille avec les signataires de ce texte collectif hostile à l'entreprise.
Publiée initialement dans Libération par le collectif Zapper Bolloré, la tribune rassemble plusieurs centaines de signataires, dont des acteurs, réalisateurs et producteurs du milieu cinématographique français. Elle dénonce ce que ses auteurs qualifient d'emprise accrue du milliardaire sur la chaîne de production et de distribution des films, notamment via Canal+ et des projets de prise de participation dans des structures comme UGC. Les signataires, au nombre d'environ 600 au départ, ont vu leurs rangs grossir après les annonces du groupe. Maxime Saada a exprimé cette position lors d'un événement au Festival de Cannes, affirmant que Canal+ ne fera pas appel à ces professionnels dans le futur.
Dans leur communiqué, la LDH et la CGT Spectacle qualifient les propos de Maxime Saada d'un "choix brutal de discriminer". Ils y voient une violation de la loi, spécifiquement une discrimination fondée sur des opinions politiques ou syndicales visant à museler les voix critiques. Les organisations demandent au tribunal d'enjoindre à Canal+ de s'abstenir de toute mesure d'exclusion, de refus de collaboration ou de discrimination envers les signataires. Elles soulignent un climat de peur dans le cinéma français, avec la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, pointant les tensions exacerbées par ces déclarations.
Le gouvernement français, par la voix de la ministre de la Culture, a qualifié la réponse de Canal+ de "disproportionnée", tout en comprenant les inquiétudes des signataires.
Le groupe Canal+ n'a pas encore réagi publiquement à cette assignation. Il rappelle son rôle central dans le financement du cinéma français, tout en défendant sa liberté de choisir ses partenaires.
Canal+ reste le principal financeur du septième art en France, avec des engagements dans la production et la distribution de contenus.
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