TNT
 

L'Arcom donne le premier coup de pelle pour creuser la tombe de la TNT

Frédéric SCHMITT
16 juillet 2026 à 20h01  
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L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a franchi aujourd'hui une étape symbolique supplémentaire dans le lent démantèlement de la Télévision Numérique Terrestre (TNT).

Dans un communiqué publié ce 16 juillet, le régulateur autorise les éditeurs des chaînes nationales à réduire leur couverture hertzienne sur trois sites de diffusion, invitant de fait les téléspectateurs concernés à se tourner vers la réception par satellite.

Une optimisation qui ressemble à un abandon progressif

Les éditeurs nationaux, qui diffusent actuellement leurs programmes depuis 1 626 sites en métropole, ont obtenu l'accord de l'Arcom pour adapter leur réseau sur trois zones : Saint-Paul-de-Salers (Cantal), Meyrieux-Trouet (Savoie) et Salavas (Ardèche). Cette modification, prévue pour le 24 novembre 2026, répond à la décroissance de l'audience et du marché publicitaire que connaissent les chaînes gratuites de la TNT.

Selon l'Arcom, ces adaptations seront accompagnées de mesures destinées à garantir la continuité de la réception : réorientation de l'antenne râteau ou, dans certains cas, passage à une réception par satellite, entièrement pris en charge financièrement par les éditeurs. Si le régulateur insiste sur le fait que l'obligation légale de couverture de plus de 95 % de la population est maintenue, cette décision constitue bel et bien le premier coup de pelle dans ce qui ressemble à l'inhumation progressive d'un réseau historique.

Vers le satellite : l'alternative imposée aux téléspectateurs

Pour les habitants des zones concernées, le message est clair : préparez-vous à abandonner l'antenne râteau traditionnelle. Le satellite, via des solutions comme Astra ou Eutelsat, devient l'option privilégiée. Une transition que de nombreux foyers ruraux ou isolés connaissent déjà, mais qui marque une rupture avec le principe d'un accès gratuit et universel via la voie hertzienne terrestre.

Cette expérimentation intervient au même moment qu'une consultation publique lancée par l'Arcom au printemps 2026 sur l'avenir de la TNT et du média télévisuel. Face à la concurrence des box internet, des plateformes de streaming et à la chute des audiences linéaires, le modèle économique de la TNT est à bout de souffle. Seuls environ 34 % des foyers utilisent encore la TNT sur au moins un poste, et le noyau dur des exclusifs antenne râteau ne représente plus que 14 % des foyers.

Un signal fort pour l'ensemble du secteur

Cette décision, adoptée en réunion plénière le 8 juillet, n'est pas anodine. Elle traduit la volonté des chaînes de réduire leurs coûts de diffusion hertzienne tout en maintenant une apparence de service universel. Pour les téléspectateurs, elle pose la question de l'avenir concret de la TNT : combien d'autres sites seront concernés dans les prochains mois ou années ?

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