
Le CNC et Unifrance présentent deux études complémentaires sur l'export audiovisuel et la diffusion internationale des programmes français en 2025.
Cette double approche permet de dresser un panorama plus complet de la place des œuvres françaises dans le paysage mondial, tant en matière de chiffre d'affaires que de présence sur les chaînes linéaires et les plateformes de vidéo à la demande par abonnement (VàDA).
Selon le CNC, les ventes de programmes audiovisuels français atteignent 164,3 M€ en 2025, en baisse par rapport au niveau élevé de 2024 (209,6 M€). En incluant les préventes et les apports en coproduction, le montant global à l'export s'établit à 282,7 M€, soit un recul de 28,1 % par rapport au record de 2024. Les préventes enregistrent une baisse marquée (-59,3 %, à 30,7 M€), tandis que les apports en coproduction diminuent de 18,7 % (87,7 M€). Les ventes reculent de 21,6 %.
Ce ralentissement s'inscrit dans un contexte international tendu : réduction des engagements financiers des diffuseurs publics et privés, rationalisation des investissements des plateformes de VàDA au profit de productions locales, et acheteurs plus sélectifs privilégiant des titres à forte notoriété.
Pour la quatrième année consécutive, la fiction demeure le premier genre exporté, avec 54,9 M€ de ventes (-27 %). Elle représente 33,4 % du marché. Les séries policières dites « light crime », telles que Tropiques Criminels, Astrid et Raphaëlle, Tom et Lola et Alexandra Ehle, continuent de concentrer la demande, tandis que des séries événementielles comme Sambre ou Les Sentinelles trouvent également leur public à l'étranger.
Le documentaire progresse dans le classement et devient le deuxième genre exporté, avec 43,1 M€ de ventes (-2,7 %), soit 26,2 % de part de marché. Les œuvres françaises restent recherchées dans les domaines de l'histoire, de l'actualité internationale et des sciences, malgré une préférence croissante des acheteurs pour des thématiques locales ou des documentaires événementiels.
L'animation recule nettement, à 32,2 M€ (-30,3 %), soit 19,6 % de part de marché. Pour la première fois, elle devient le troisième genre exporté, pénalisée par la contraction du marché international et l'évolution des usages.
L'Europe de l'Ouest reste la principale zone d'accueil des programmes français, avec 76,7 M€ de ventes (-15,3 %), soit 46,7 % des recettes mondiales. L'Amérique du Nord retrouve la deuxième place (18,9 M€, +14,7 %), portée par la performance d'un acteur français sur ce territoire. L'Europe centrale et orientale (12,2 M€, -26,5 %) devient la troisième zone, suivie par l'Asie/Océanie (8,7 M€, -33,4 %), qui atteint son plus bas niveau historique.
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