
Le groupe de production Mediawan a mis à pied à titre conservatoire l'un de ses collaborateurs, qui aurait été interpellé après les dégradations commises le 17 octobre devant l'immeuble parisien abritant CNews, Europe 1 et le JDD. Son rôle exact dans ces faits reste à établir.
L'information a été révélée au départ le 27 octobre par L'Infiltré, un média lancé par la revue Frontières, avant d'être reprise par le JDD. Ce dernier appartient, comme Europe 1, au groupe Lagardère, contrôlé à l'instar de Canal+, maison mère de CNews, par le groupe de Vincent Bolloré. Selon ces médias, l'intéressé est un chef monteur intermittent, employé depuis plusieurs années par une société du pôle Mediawan Kids & Family, consacré aux programmes jeunesse et familiaux. Il n'est donc pas présenté comme rattaché aux émissions C à vous et C dans l'air, produites pour France 5 par d'autres sociétés du groupe et souvent citées dans les reprises de l'information.
Un courrier adressé à Canal+
Dans un courrier envoyé au lendemain des faits à la direction de Canal+, maison mère de CNews, Mediawan fait part de sa « profonde sidération » face à l'implication présumée de l'un de ses collaborateurs. « Dès que nous avons eu connaissance de ces faits, nous avons immédiatement procédé à une mise à pied, à titre conservatoire, et engagé une procédure à l'encontre de ce collaborateur intermittent », écrit la direction, citée par le JDD.
Le groupe cofondé par Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton ajoute : « Nous condamnons sans réserve de tels agissements. Les violences et dégradations dans le débat public sont étrangères aux valeurs que nous défendons. » Il se dit à la disposition des autorités. Le courrier ne précise ni la nature de la procédure ni les faits reprochés au salarié, qui demeure présumé innocent.
Une information judiciaire ouverte
Le 17 octobre, peu avant 7 heures, une centaine de personnes cagoulées avaient bloqué l'accès au parking du siège de Lagardère News, dans le 15e arrondissement de Paris, jeté des projectiles et tagué la façade, selon la préfecture de police et le parquet de Paris cités par l'AFP. Comme nous l'avions rapporté, 21 personnes avaient été interpellées ce matin-là, et 25 ont ensuite été placées en garde à vue.
Le 19 octobre, les investigations ont été confiées à un juge d'instruction, a appris l'AFP de sources proches du dossier. Le jour de l'attaque, CNews avait réagi en affirmant qu'« informer doit pouvoir se faire sans peur, sans intimidation et sans violence », tandis que le directeur général d'Europe 1, Donat Vidal Revel, dénonçait des intimidations « inacceptables ».
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